Des passeurs de l'île aux Moines à Izenah Croisières
Article synthèse rédigé en partie à partir de ce receuil de témoignages, livre toujours disponible chez l'éditeur
Autres sources : Gérard Douguet - Geneanet - Delcampe

La géographie de l'Île aux Moines a rapidement imposé deux points de passage situés au nord de l'île vars Arradon et vers Vannes, la ville préfecture etce au détriment sud vers la presqu'île de Rhuys.
Au nord, la pointe du Trech était la plus courte voie pour gagner Arradon puis Vannes, d'autant que sous l'Ancien Régime, les habitants de l'île dépendaient de la parroisse d'Arradon. Cependant, entre la pointe d'Arradon et la pointe du Trech, les courants et les vents ne rendaient pas ce passage facile à la navigation à voile ou à la rame et le débardère peut adapté aux gros chargements.
Le passage entre Port Blanc sur la parroise de Baden et la pointe de Toulindac sur l'île, autre nom du Bois d'Amour, c'est également imposé pour les bateaux transportant des marchandises vers l'île. A une époque où les Ilois vivaient presque en autarcie, ces ravitaillements concernaient surtout le bois de chauffage pour les habitations et le boulanger !

A la pointe du Trech:
Vers 1894-1895, un dénommé Jean-Pierre et son épouse Lucie assurent le passage. Plus tard Joaquim Pourchasse reprend l'activité de passeur, un métier physique qu'il transmet à son beau-frère, Ferdinand Le Dugue. A son décès, le service échoie à son beau-frère, Mathurin, le cadet des Pourchasse. Cellui-ci est ensuite transmis à Georges Julien dit Bijou.
Pendant la 2° Guerre Mondiale, Louis Le Layec assure la passage sur son Caprice. Le transit par la pointe d'Arradon se tarira au profit du chenal vers Baden d'autant que la motorisation rendra cette traversée plus régulière et plus courte.
Sur le goulet de Toulindac : une activité en héritage
Les précurseurs : Mandart, Le Port et Cadio :
Dans les années 1890, François Mandart et son matelot Joaquim Morice assurent du transport de marchandises et accueillent volontiers des passagers. Ils disposent de deux bateaux, le Port Blanc et le Saint-Joseph. Le fils Mandart, également prénommé François, prendra la succession avec pour bateau la Marie-Ange et pour matelot Louis Georges et ensuite son beau-frère Scélo. Il s'équipera d'un canot à moteur le Bengali II. Son âge à la retraite approchant, il va s'associer avec Joaquim Le Port dit Chim à partir de 1926.Il décède 1932, laissant ces beaux-frères Joachim Le Port et Ange Cadio assurer le transport maritime. Joachim Le Port part en retraite en 1941 et Ange Cadio poursuit l'activité pendant la guerre. A la Libération Joachim Le Port dit P'tit Chim, fils du précédent, va poursuivre l'activité jusqu'aux années 1950. Ce dernier s'illustrera dans la résisitance. De son côté, Ange Cadio qui naviguait sur le Saint-Michel, a repris le Bengali II. Un soir de 1957, il tombe à l'eau en revenant à son bateau et se noye. Le passage, important pour les iliens sera repris par François Bellego.

La famille Bellego
Après la disparition de Ange Cadio, François René Bellego, qui s'est marié avec sa nièce, reprend le fond de commerce et assure la passage avec le Bengali II. Il naviguera également sur la Lucette en 1956. Il assure le passage avec le Bois d'Amour entre l'île aux Moines et la cale de Baden. En 1964, il décède à l'âge de 31 ans et laisse son épouse Marie Thérèse née Mentec qui élève ses deux enfants, Francois 3° et Jean-Vincent. Ces derniers, trop jeunes, le bateau est confié à Gildas Le Mentec [9/1/1941-, ] leur oncle qui fera le passeur de 1963 à 1980 sur le Bois d'Amour, une coque de 9 m en bois motorisée par un 2 cylindres Bollinder de 22 cv.(photo ci-dessous V1123)

En 1968, Marie-Thérèse Bellego fait construire le Compagnon des Îles. François rejoint son oncle en 1972. Puis il quitte l'île pour travailler sur d'autres bateaux.

La famille Thébaud
En 1957, Joseph Thébaud, dit Job est passeur. En 1963, il fait construire l'Ursule, bateau en bois de 11 m, équipé d'une barre à roue, d'une timonerie et d'une cabine à passagers. Il peut alors se dédier à plein temps au service. En 1972, il fait construire l'ïle aux Moines, une vedette de 13m pouvant emmener 75 passagers avec un moteur de 100cv. Son fils Gilbert Thébaud reprend l'affaire familiale avec son père qui arrête en 1973 puis il reste seul à la barre.
La famille Le Gouguec :
Sur le continent, Camille Le Gouguec assure le passage dès 1958 à bord de son 1er bateau La Vague, acheté d'occasion et retapé aux chantiers Guyot à Conleau. Il le dote d'un moteur et d'un taud (toit) pour une capacité de 25 passagers. Il achètera par la suite le Stiren er mor de 45 places aux chantiers Thomas et la Vigilente aux chantiers Guennec d'Etel. Ci-dessous la Vigilente devant le bar-retaurant Le Vigie à la cale de Port-Blanc, Baden.


1976: l'année pivot. Gildas, Le Mentec, Gilbert Thébaud et Camille Le Gouguec décident se s'associer pour partager les créneaux sur le passage et organiser le service. Chacun cependant reste maitre à bord.
En avril 1980,François Jules Bellego reprend l'activité de passeurs; il passera progressivement toutes les certifications : capacitaire, motoriste, locence radio, le permis passager. En 1992 leur mère prend sa retraite, son second fils Jean Vincent devient à son tour passeur.Pour la saison 1991, un nouveau bateau est acheté, le Cote d'Amour, offrant 86 places. Il sera revendu en 1993-94. Le développement du traffic permet d'investir dans de nouveaux bateaux. En 1993, les Le Gouguec sont construire la Fée des Îles pour la saison 1993. On revend la Vigilente et on achète le bateau Iles aux Moines. Vient ensuite la Fée des Îles II de 149 passagers vendue puis la Fée des ïles III cédée au passeur de l'Île d'Arz; Au début des années 2000, le Jules Vernes rejoint la flotte des associés qui se compose en 2003, de bateaux pour les excursions et promenades et pour le service: le Jules Vernes,la Féé des Îles le Bois d'Amour et l'Iles aux Moines.
En 1990, Camille Le Gouguec passe le relai à son fils.
2009, le tournant : Camille Le Gouguec, François Bellego, Gilbert Thébaud et Jean-Vincent Bellego rachètent les Vedettes Blanches d'Olivier Lesquel et ses enfants, Gaby et Francis. La compagnie récupère l'Océane, un bateau de 120 passagers. 
La nouvelle raison sociale est dénomée Golfe Croisières qui deviendra ensuite Izenah Crosières. La compagnie maritime dessert au départ de Larmor Baden, l'Île de Gavrinis et son cairn. Ci-dessous le Riviera Bay, dernière acquisition de la compagnie de Port Blanc en Baden.

Le RIVIERA BAY a été construit en 2015 par les chantiers Transmétal industrie (TMI) initialement pour la compagnie Riviera Lines. Il était exploité auparavant par la Compagnie Inter-Îles (basée à La Rochelle) où il assurait des croisières vers Fort Boyard ainsi que vers l'île d'Aix. Il a été racheté par Izenah Croisières pour assurer des croisières dans le Golfe du Morbihan.
Longueur : 24,25 m Largeur : 7,50 m Tirant d'eau : 1,57 m Propulsion : 2 moteurs Cummins de 500 CV Production d'électricité : 2 groupes électrogènes. Possède 1 propulseur d'étrave. Capacité : salon fauteuils à passagers (195 places), salle de restauration (80 places), salon de cocktail (150 places).

