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Marins de Séné

En consultant les registres de décès de Séné, entre 1840 et 1940, on repère facilement la transcription des actes de décès de marins péris en mer lors d'un naufrage. L'acte y apparait retranscrit sur une ou plusieurs pages.

Avec un peu d'attention on note la mention "décédé en mer" quand il s'agit d'un simple pêcheur de Séné qui n'a pas fait l'objet d'un jugement au tribunaL

Les Archives du Morbihan et la Bnf Gallica mettent également en ligne de vieux du Morbihan et le Ouest Eclair couvrant la même période. En recherchant avec des mots clefs judicieux, tels les noms de nos villages, Moustérian, Montsarac, Kerarden ou des noms de familles bien sinagotes comme DORIOL, NOBLANC, on peut trouver des articles de presse relatant une noyade d'un Sinagot.

Ainsi parvient-on à réunir une liste assez fournie de marins de Séné morts dans l'exercice de leurs activités maritimes.

Qui étaient ses "enfants de Séné" péris en mer ? Quelle était leur activité maritime ? Dans quelles circonstances ont-ils perdu la vie en mer ? Que nous apprennent ces destins dramatiques sur l'actiivté des marins de Séné?

Parmi ces marins de Séné, on dénombre environ 40 marins militaires, engagés ou accomplissant leur concription, péris en mer dans le cadre d'un conflit. Ces morts suviennent le plus souvent de maladie, fièvre jaune au Mexique, choléra pendant la Guerre de Crimée, tuberculose pendant la Première Guerre Mondiale. Bien sûr de nombreux marins perdirent la vie au cours d'un fait d'armes comme les différents torpillages de bateaux pendant la Première Guerre Mondiale. Parmi ces bateaux coulés par la Kaiserliche Marine allemande, 6 bateaux de la marine marchande.

Lire les pages dédiés à ces conflits et la pages sur les marins de Séné morts pendant la Première Guerre Mondiale.

D'autres marins militaires de la Marine Impériale ou Nationale, embarqués lors d'opérations extérieures, sont tombés malades en mer. Ils sont parfois soignés dans un hopital temporaire à l'étranger ou dans un hôpital maritime en métropole mais succomberont également de leur activité de marin. Lire les portraits de marins.

Signalons également l'explosion du IENA ou disparu le marin LE DORIOL et la collision due la FRAMEE ou fut englouti le marin sinagot MALRY. Lire articles associés.

Cet étude a permis de relever, plusieurs marins de Séné qui accomplissaient leur conscription et qui périrent en mer. Par expemple, le marin NOBLANC Albert Julien [4/06/1888 Kerarden 17/08/1910] disparu en mer dans l'Atlantique nord alors qu'il était à bord du VILLE DE DIJON.

1913 Noblanc Albert DIJON

Tout comme le marin PIERRE Alfred [12/01/1899 Kerarden 29/03/1914] dont un jugement établi sa disparition en mer alors qu'il était à bord du trois mâts AMIRAL CECILE.


1914 PIERRE Alfred Pierre Amiral Cécile

Sous le statut de militaires mais loin d'un conflit ouvert, des marins de Séné ont perdu leur vie en explorant de nouvelles contrées. Marins navigateurs, dans la lignée de La Pérouse, ils ont mis pied à Nossy Bé, à Tahiti ou à Port aux Français. Il s'appelaient MAHE, MORIO et LE FRANC ou encore PICARD et LE BLOHIC. Lire articles associés. 

A côté de ces marins militaires, cette étude a recensé une trentaine de marins pêcheurs de Séné morts dans leur activité professionnelle. La lecture de ces articles nous indique que les pêcheurs de Séné opèrent souvent à plusieurs bateaux en mor bihan ou mor bras, pour se porter secours le cas échéant.  Premiers utilisateurs de la mer à Séné, ils sont sans doute bien plus nombreux tout au long de l'Histoire Maritime de Séné à avoir péri en mer lors d'une pêche. Lire la page qui leur est dédiée.

18xx Théophile Deyrolles Pêche aux maquereaux

Théophile-Deyrolles-Pêche-aux-maquereaux Musée Quimper

De tout temps, les habitants de la Presqu'ile de Langle ont essayé de communiquer par bateau avec Vannes via Conleau et les îles du Golfe du Morbihan. Cette étude a permis de mettre en relief de simple habitant de Séné qui perdirent leur vie en gagnant qui Arradon, qui Vannes, qui l'Ile d'Arz.

Par exemple, le sieur Patern MALRY [4/01/1828-14/01/1879] a chaviré dans le bras de mer séparant Cadouarn et l'île de Boëd.

A la fin du XIX°siècle, les passeurs vont développer leur activté à Barrarach. Deux illustres "petits passeurs" de Conleau de la famille LE GUIL perdront leur vie dans cette activité de transport de passagers. Lire article sur l'histoire des passeurs de Conleau.

A plus grande échelle, le transport de passagers a donné lieu à des naufrages de paquebots qui ont marqué les annales du transport maritime. Ainsi en 1920, la marin LE FRANC disparait lors du naufrage de L'AFRIQUE . Lire article associé.

Cependant, cette étude sur les marins disparus en mer a mis en évidence que la majorité étaient des marins de commerce, simple matelot de tous âges, maitre de cabotage ou capitaine de cabotage. 

Lire également l'article dédié aux marins de Séné employés dans la marine marchande.

Militaires marins, marins pêcheurs, marins navigateurs, marins de paquebot, marins passeurs, marins de la marine marchande. L'activité maritime des marins péris en mer était variée.

LE DORIOL François Marie [5/03/1848 - 7/07/1873] est peut-être le premier et unique régatier de Séné a avoir péri en mer lors de Régates de Vannes à Conleau, alors qu'il concourrait sur son sinago le "DEUX FRERES", comme nous le raconte cet article de presse d'époque. Les Régates de Conleau" était une compétition de voiles à laquelle les marins sinagots participaient dans la catégorie "Sinago". Elle ruent leur heures de gloire à la fin du XIX°s et perdurèrent jusqu'avant la Première Guerre Mondiale. Il disparu le 6 juillet à 4H du soir et son corps fut retrouvé le lendemain.1873 DORIOL Regate deces

1873 Séné Regates Conleau

Les marins étaient également de tout âge, mousse et novices et on compte également des femmes pecheuses qui perdirent la vie en mer, le plus souvent dans le Golfe du Morbihan.

La disparition au large du Havre le 26 mars 1902 du sloop ETOILE DE MER eut une grand retentissement. LE GREGAM Célestin Vincent Patern [19/02/1884 Moustérian 26/03/1902],  novice âgé de 18 ans et  AUFFRET Auguste [18/05/1887 Moustérian 26/03/1902], mousse âgé de 15 ans, perdirent la vie, leur corps retrouvés furent enterrés au cimetière du Havre, comme le relate cet article de presse.

1902 04 Le gregam noyade

1905 Pierre Vaillant Le mousse

1905-Pierre-Vaillant-Le-mousse

Le novice LE DORIOL Sylvestre [20/12/1846 Montsarrac 29/08/1868]  embarqué sur le brick LOUIS XIV décéda à bord du navire, il avait 14 ans. Le navire "étant à la mer" son corps fut sans doute jetté à la mer.

1868 LE DORIOL Sylvestre BIS

Le novice ROBERT Maxime Marie [9/07/1857 Ranquin 7/02/1874] disparu lors d'une tempête dans la Manche au large de Camaret, sur le lougre MADELEINE FERDINAND. Il avait 17 ans.

Le novice DORIDOR Armand Vincent,[6/03/1872 Montsarrac 11/03/1891] quant à lui, perdit la vie à l'âge de 19 ans, au large de Penzance, dans le canal de Bristol, lors du naufrage du lougre ANNA BLANCHE qui disparu avec 5 autres marins pris dans une tempête.

1891 Presse Anne Blanche

LE BLOHIC Joseph Marie [17/03/1885 Langle 03/02/1904] disparu à l'âge de 19 ans dans le Golfe du Morbihan près de Port Navalo lors du naufrage du BALTIMORE.

Et pour mémoire, le jeune DARON Louis Jean Marie [4/01/1900-31/07/1917] qui sombra lors du torpillage du MADELEINE  qui transportait du nitrate pendant la Première Guerre Mondiale. Voir les pages sur la guerre de 14-18.

La mer a également emporté de jeunes mousses natifs de Séné dont le plus jeune avait 11 ans.

les mousses6

Joseph QUESTREBERT de Cadouarn [30/04/1825-4/02/1840] était à bord de L'AIMABLE PELAGIE en relache dans le port de Camaret. Un coup de vent a fait tombé le jeune mousse dans la douve de la tour de Camaret où il s'est noyé. Il n'avait pas 15 ans. Un article de presse rapporte les mouvements de bateau en septembre 1840. L'AIMABLE PELAGIE transportait des fut de vin depuis Bordeaux vers la Bretagne et y ramenait des futs vides comme l'HIRONDELLE.

1841 MARCADET Mousterian famille

1840 presse Aimable Pelagie

Joseph MARCADET [1830 ca -3/04/1841] était établi avec sa famille à Moustérian comme l'atteste le dénombrement de 1841. Dans la nuit du 3 au 4 avril 1841, l'HIRONDELLE sur lequel il était embarqué a fait naufrage sur l'île de Patiras dans l'estuaire de la Gironde, coimmune de Saint-Androny. le jeune mousse avait tout juste 11 ans.

LE MEUTE Louis Marie [4/11/1850 Ambon 30/10/1863] disparu en mer lors du naufrage du chasse marée LE SAINT VINCENT et son corps fut retrouvé à St Michel Chef Chef le 11/11/1863. Il avait 13 ans.

Auguste Marie LE DORIOL [24/10/1870 Montsarrac 15/10/1883] péri avec 4 autres marins de Séné lors du naufrage du LOUISE & LOUISA à l'âge de 13 ans.

LE FRANC Pierre Marie [17/09/1873 11/05/1889]  âgé de 15 ans qui décéda à bord du sloop JEANNE MARIE alors en Angleterre au port de Falmouth en Cornouailles.

Aimé Pierre Marie COCARD |22/11/1876 Montsarrac 10/03/1891] a péri en mer à l'âge de 15 ans lors du naufrage du SOUVERAIN au cours duquel 5 autres marins disparurent.

Célestin François Marie TREHONDART [13/05/1883-4/12/1896] a sombré avec la goélette GARIBALDI perdu "corps et bien" entre Saint-Nazaire et Plymouth. Il était âgé de 13 ans

AUFFRET Auguste [18/05/1887 Moustérian 26/03/1902] disparu avec le slopp ETOILE DE MER qui fit naufrage dans la Manche. Il est enterré au Havre. Il avait 15 ans.

PIERRE Joseph Marie [ca 1894 Canivarch 23/10/1908] âgé de 14 ans, était à bord du JEANNE D'ARC. Son corps fut retrouvé à Kerpenhir le 2/11/1908.

Réné Jean Marie NOBLANC [20/10/1913-10/07/1928] a péri en mer alors qu'il naviguait à bord de son bateau LA COUBRE au large de La Rochelle. Il n'avait pas encore 15 ans.

Il faut rajouter à cette bien triste liste, les noyades d'enfants : LE DORIDOUR Vincent Marie [3/11/1877 Langle 12/08/1884] à peine âgé de 7 ans;  LE FRANC Alexandre Louis Marie [15/01/1905 Kerdavid 27/05/1915] âgé de 10 ans, qui périt lors du chavirage de la chaloupe amené par sa soeur Joséphine et sa tante Marie Héloïse CLERO.

1884 LE DORIDOUR 7 ans

1880 Alfred Guillou La relève des casiers

La relève des casiers 1880 Alfred GUILLOU Musée de la Compagnie des Indes

Ces recherches n'ont pu mettre en évidence que des femmes, épouses ou filles de pêcheurs, perdirent la vie au cours d'une peche en mer.

La jeune Marie Julienne PIERRE [17/02/1838 Cadouarn 27/03/1865] chavira dans Golfe du Morbihan, entre l'Ile d'Arz et Ilur et périt avec son père.

BROHAN Perrine [19/05/1798 Séné 11/07/1865], veuve de Jean Marie Le Gallic, contrainte de subvenir au besoin du foyer, se noya dans Golfe du Morbihan près de Séné.

Marie Anne MORICE [2/1850 Langle 29/01/1869] disparue avec son mari Jean Mathurin PLUNIAN en février 1869.

PIERRE Jeanne Marie [22/04/1860 Langle 5/01/1877] périt en mer avec son père dans le Golfe du Morbihan près de Séné.

Marie Vincente CALO veuve MALRY [3/05/1835 Kérarden 25/11/1879] partie pêcher l'huitre en fraude, tant la misère affectait son foyer, disparut en mer en novembre 1879 sur la chaloupe de Cadero.

LE BLOCH Louise [10/02/1833 Kerarden 27/12/1884] qui est tombée à la mer au large de Quiberon, alors qu'elle se trouvait avec son mari Joachim LE FRANC sur leur bateau qui transportait de la chaux, comme nous le relate la coupure de presse suivante :

1884 12 31 Arz noyage bateau chaux

CLERO Marie Héloïse [13/11/1893 Cadouarn 27/05/1915] et sa nièce LE FRANC Joséphine Marie Louise [4/12/1899 Cadouarn 27/05/1915] se noyèrent dans le Golfe lors d'une pêche avec leur grand-père Jean Marie Cléro, où  son autre petit fils âgé de 10 ans se noya. 

Mousses, novices, femmes, jeunes marins ou marins retraités, la mer a emporté un grand nombre de Sinagots au cours des dernières décennies. 

A la lecture de ces articles de journaux et de ce dénombrement des naufrages et autres noyades, on s'aperçoit que la deuxième moitié du XIX°siècle concentre la plus grande proportion de péris en mer. C'est l'âge d'or de la marine marchande et la période pour la marine française de grands voayges et de la constitution d'un Empire Colonial. Nombreux furent les marins à payer de leur vie l'essor maritime français.

Les maires de Séné de la III° République établissaient même dans la table annuelle, la liste des Sinagots péris en mer !

1890 SENE Disparus en mer

Cet article de 1891, présente une statistique sur les "évènements de mer" au cours de l'année 1889. L'administration dénombre 241 bateaux naufragé dont 178 navires sombrés ou brisés et 63 échoués. Le naufrage du VENDEE est cité au cours duquel le marin de Séné, Hervé, périra (Lire article). On note le lourd tribu des marins allant a Terre Neuve.

1891 Presse stattisque naufrage

Par le passé, il etait fréquent en Bretagne de réaliser un ex-voto pour rendre grâce à Dieu quand un bateau était sorti indemme d'une tempête. Notre église saint-Patern est orné sur ces murs de deux ex-voto.

Henri Royer LEx voto 1898 musée Quimper

Henri Royer L'Ex-voto-1898- Musée-Quimper

Le Saint Louis semble dater de 1976, sans que l'on sache précisement le modèle de bateau reproduit. L'Ange Gardien représente un trois mats. Un autre ex-voto du nom de Ange Gardien est également présent à l'église de Houedic. 

SENE ex voto  ex voto sene

La liste suivante rassemble les noms des marins disaprus, le nom des navires péris en mer recensés à ce jour sur la période 1840-1940.

[ insérer liste]

Fort heureusement, les progrès dans la sécurité des marins iront grandissant aussi bien dans la marine marchande que chez les marins pêcheurs. Depuis la dernière guerre mondiale, le nombre de marins à Séné est allé décresendo et notre commune aujourd'hui ne compte guère que quelques marins pêcheurs ou ostréiculteurs qui travaillent désormais en toute sécurité.

Le relai a été pris désormais par les marins plaisanciers qui sont nombreux dans notre commune à naviguer sur leurs bateaux à voile ou à moteur mais également sur de vieux gréments restaurés et de vieux Sinagos afin de perpétuer la tradition maritime de Séné.

Que peut-on faire pour garder le souvenir de ces marins de Séné, mousses, novices, matelots, maître de cabotage, marins pêcheurs et pêcheuses qui ont péri par le passé dans le cadre de leur activités maritimes ?

 

 

 

 

 

 

 

mercredi, 29 novembre 2017 16:59

Hommage aux pêcheurs Sinagots disparus en mer

Cette étude a recensé une cinquantaine de marins pêcheurs de Séné morts dans leur activité professionnelle.

La lecture de ces articles nous indique que les pêcheurs de Séné opèrent souvent à plusieurs bateaux en mor bihan ou mor bras, pour se porter secours le cas échéant. Premiers utilisateurs de la "petite mer", on peut avancer qu'ils sont sans doute bien plus nombreux sur cette période et tout au long de l'Histoire Maritime de Séné à avoir péri en mer lors d'une pêche. En effet, les premiers actes de sépultures et de décès n'indiquaient pas la nature du décès.

Tombés à l'eau de leur bateau à cause d'un coup de vent ou en manoeuvrant leur voiles, ils ne savaient pas nager pour la plus part. Nous disposons de quelques articles de presse qui relatent les circonstances de leurs disparition dans les eaux du Golfe du Morbihan au de la Baie de Quiberon.

A plusieurs sur leur chaloupe, leur sloop, leur sinago, quand un drame survient, c'est un père et son fils qui disapraissent, c'est un mari et son épouse qui périssent. Ces chavirages, ces noyades, ces naufrages dans le Golfe du Morbihan ou en Baie de Quiberon bouleversaient les familles...

Cet article de 1905 rend compte de l'état misérable de l apopulatin de pêcheurs sinagots au début du siècle.

1905 Sinagot pecheurs misére

Marin pecheur et son fils

La liste est longue des Sinagots et Sinagotes qui disparurent en mer (voir la liste en fin d'article). Ne sont cités dans cette page, par ordre de date, que les disparitions les plus dramatiques et celles documentées par un article de presse.

TREHONDART Julen [ ca 1817 Montsarrac 31/01/1859] était parti pêcher dans le Golfe du Morbihan avec deux de ses filles dont TREHONDART Marie Jeanne [5/06/1844 Montsarrac 31/01/1859]. Cet article relate leur chavirage.

1859 TREHONDART noyade SénéC'est la cas de la disparition de Vincent PIERRE [25/05/1810-2/05/1863], mort en mer alors qu'il était à bord de la JEUNE VINCENTE avec son fils pour une pêche à la crevette.

1863 05 06 Séné naufrage

  

Sur son acte de décès, l'officier d'état civil confirme la nature de son décès.

1863 Noyade PIERRE

Cette même année eut lieu en octobre 1863, la perte du chasse marée LE SAINT VINCENT du maitre de cabotage Mathurin NOBLANC qui sera également victime d'un autre naufrage...

Trois marins de Séné périrent en mer. LE FRANC Jean Marie, âgé de 30 ans [ca 1833- 30/10/1863]. Son corps fut retrouvé le 4/11/1863 à l'anse d'Escoublac, près du rocher de Pornichet. Le jeune mousse LE MEUTE Louis Marie [4/11/1850 Ambon 30/10/1863] fut retrouvé à St Michel Chef Chef le 11/11/1863.  On retrouva le corps de LE RAY Pierre [8/04/1835 Kerarden 30/10/1863] à la pointe de Bée, près du vieux port de Pornichet. Un article d'époque relate les péripéties du naufrage qui fut observé de la côte.

1863 Naufrage St Vincent

PIERRE Vincent [2/10/1803 Cadouarn 27/03/1865] et sa fille PIERRE Marie Julienne [17/02/1838 Cadouarn 27/03/1865] périrent dans le Golfe du Morbihan entre l'Ile d'Arz et Ilur. Le cadavre du père fut rendu par la mer le 12 avril.

Lors d'une tempête en janvier 1869, plusieurs bateaux partis pêcher au large de Pénerf furent drossés par les vagues comme le raconte Gilles%Millot dans son ouvrage consacré aux sinagos et comme le confirme cet article de presse.

1869 BRETAGNE LE PRIOL MERIEN

Jean Pierre LE PRIOL [31/03/1838 Langle 30/01/1869] et Jean Mathurin MIRAN [6/03/1849 Langle 30/01/1869] embarqués sur leur sinago BRETAGNE périrent en mer.

Le jeune couple de mariés Mathurin PLUNIAN [17/02/1844 Langle 4/04/1869] et Marie Anne MORICE [2/02/1850 Langle 29/01/1869] périrent également lors de cette pêche. Leurs corps furent trouvés le jour même pour l'épouse et en avril pour le mari sur la grève de Betahon, baie de Keroyal en la commune d'Ambon.

LE FRANC Jacques [27/04/1820 Moustérian 6/04/1869] et le jeune DANET Marc [28/02/1853 Moustérian 6/04/1869], voisins de Moustérian, qui pêchaient ensemble se noyèrent à la pointe de Penvins en Sarzeau.

DANET Pierre [21/07/1853 Canivarch 12/05/1871] et son fils DANET Jean Marie [22/08/1852 Canivarch 12/05/1871] perdirent la vie près de Boed lors d'une sortie de pêche.

PIERRE Julien Marie [22/07/1827 Cadouarn 5/01/1877] et sa fille PIERRE Jeanne Marie [22/04/1860 Langle 5/01/1877] se noyèrenet dans le Golfe du Morbihan près de Séné.

Deux autres articles de novembre 1879 et mars1880, nous relatent les péripéties d'une pêche en fraude, au cours de laquelle, une pêcheuse, un pêcheur et un patron pêcheur perdirent la vie dans le Golfe du Morbihan.

1879 Cadero fraude Malry noyade  1880 03 20 Séné Cadouarn noyade

Ainsi on comprends que Julien LE FRANC [17/10/1848-25/11/1879] et François Louis CADERO [18/04/1842-12/02/1880]  étaient parti draguer les huitres en fraude dans le Golfe avec Mme MALRY et qu'ils perdirent tout trois la vie. Le corps de Marie Vincente CALO, veuve MALRY, [3/05/1832-25/11/1879], sera retrouvé le 16/02/1880 au large de Penboch.

18xx Théophile Deyrolles Pêche aux maquereaux

Théophile-Deyrolles-Pêche-aux-maquereaux Musée Quimper

Cet autre article montre qu'il aura fallu également plusieurs semaines pour que la mer restitue le corps du marin pêcheur François MOREL [16/01/1849- 4/12/1895] disparu en Baie de Quiberon.

1895 12 29 Noyade Morel

1895 12 29 Noyade Morel extrait

COLENO Vincent [16/09/1841 Bourg 11/06/1899], meunisier de son état était partie à la pêche quand il se noya dans le Golfe du Morbihan.

1899 06 16 Noyade

Les jeunes marins ne sont pas épargnés par les fortunes de mer. Cet article de février 1904 nous raconte la disparition du novice Joseph Marie LE BLOHIC [17/03/1885 Langle 3/02/1904] au large de Port Navalo alors qu'il est embarqué avec son parrain, patron de pêche, sur le BALTIMORE.

1904 LE BLOHIC Baltimore

1 adieu alfred guillou

L'Adieu d'Alfred GUILLOU 1892 Musée Beaux-Arts Quimper

Ces deux coupures de presse relatent le décès du marin pêcheur DANET Aimé Marie [ca 1871 - 2/01/1905].

1906 01 Canivarch pecheur Danet péri

Cette autre coupure de presse datée d'avril 1905, permet d'identifier le pêcheur LE DORIOL Jean Marie [16/05/1849 Ile d'Arz 21/03/1905

1906 04 01 SENE Doriol noyé

En 1908, le jeune mousse Joseph Marie PIERRE [ca 1894 Canivarch 23/10/1908] disparu à l'âge de 14 ans au large de Grand Mont en Arzon, alors qu'il pêchait sur la chaloupe JEANNNE D'ARC.[à préicser etat civil]

1908 PIERRE Joseph Grand Mont

A la vie a la mer lappareillage voilier marin mousse f8 dugas

Cette autre article d'octobre 1911, nous indique que le pêcheur Ange LE GARREC [15/10/1891 - Ile d'Ars -  30/09/1911], fils du meunier de Cadouarn,  s'est noyé au large de Tascon. C'était le frère de Le Garec Jean Pierre Joseph Mort pour la France le 18/10/1917.

   1911 10 09 Sene Noyé

A la veille de la guerre, le marin DUBOIS Mathurin Louis Marie [22/10/1869 Meniech 19/03/1914] manoeuvre la voile de sa barque SAINT SAUVEUR  au large de Govian. Il tombe à l'eau et se noye, comme le relate cet article de presse d'époque.

1914 03 noyade marin

Ces deux articles permettent de connaitre comment LE FRANC Alexandre Louis Marie [15/01/1905 Kerdavid 27/05/1915] et sa soeur LE FRANC Joséphine Marie Louise [4/12/1899 Cadouarn 27/05/1915] périrent noyés au large du Logeo avec leur tante CLERO Marie Héloïse [13/11/1893 Cadouarn 27/05/1915]. L'article ne dit pas que la mère des enfants, Marie Mathurine CLERO vit seule, son mari, Alexandre LE FRANC est incorporé au 6° Régiment d'Infanterie Coloniale depuis janvier 1915...Le père CLERO Jean Marie est quant à lui veuf et ses garçons sont mobilisés. Le corps de son petit-fils âgé de 10 ans sera retrouvé sur le rivage le 11 juin 1915.

CLERO Séné peche noayde

LE BLOHIC Joseph Marie [13/09/1856 Canivarch 06/05/1916] tomba à l'eau malencontreusement et se noya, comme nous le raconte cet article de presse d'époque.

1916 LE BLOHIC noyé

Le 9 mars 1917, DANET Edouard Emile Marie [19/09/1890 Canivarch 09/03/1917] et LE DORIOL Jean Marie [25/11/1898 Meniech 09/03/1917], beaux-frères, perdirent la vie lors d'une sortie de pêche en mer.

Le 25/07/1929, le tribunal de Saint-Malo statua sur le naufrage du navire de pêche malouin, le MARIE EDOUARD dans la Manche le 23/12/1927. A son bord, 5 marins qui périrent en mer ce jour-là, dont le marin LE DUC Ange Anselme [18/06/1907 La Garenne 23/12/1927].

1927 Marie Edouard LE DUC

RICHARD François Marie [19/08/1877 Cariel 26/10/1930] s'est noyé au large de Montsarrac.

1930 RICHARD Montsarrac

L'acte de décès de JACOB Alexandre Jean Marie [31/08/1899 Langle 30/09/1932], ne livre que peu d'éléments. On retrouvera son corps en pleine mer entre Belle Île et Quiberon, une semaine environ après sa disparition. Une recherche sur la presse numérisée des Archives du Morbihan permet de trouver un article qui donne quelques éléments sur sa disparition au large de Billiers. Une carte de l'IGN de 1950 permet de préciser les lieux où périt le pêcheur de Séné embarqué sur L'ETOILE..

1932 JACOB Alexandre Jean Marie

1932 ETOILE jacob NAUFRAGE

 

JACOB naufrage Billiers

Cet autre article daté de 1935, nous informe sur la disparition de deux marins pêcheurs, en Baie de Quiberon, au large de la Trinité sur Mer, dans la nuit du 4 au 5 décembre. LE ROY Louis Marie [31/08/1899 Méniech 05/12/1935] et LE RIDANT Ange [27/11/1906 Ranquin 05/12/1935] tous deux disparus alors qu'il pechaient sur la JEUNE MINNIE.

1935 12 15 Séné naufrage pecheurs

NOBLANC Patern [7/05/1886 Moustérian 12/09/1940], marin en retraite tombera à la mer près de l'ïle aux Moines.

1940 NOBLANC presse

171217 Liste Pêcheurs

 

 

 

samedi, 18 novembre 2017 17:11

Sinagots naufragés de la marine marchande

Cette étude a permi de recenser une soixantaine de marins de la marine de commerce qui ont perdu la vie lors d'un naufrage, d'un chavirage ou d'une noyade accidentelle.

Quand ces recherches ont permis de réunir des documents pour illustrer et raconter ces fortunes de mer, une page leur est dédiée. Le naufrage du COURONNE au large de Cherbourg, dans lequel périt le Sinagot NOBLANC, ou encore celui du vapeur VENDEE où disparu le marin sinagot HERVE,  ainsi que le naufrage du CHARANALdans lequel périt CLOAREC, sont traités dans un article spécifique, comme les naufrages de marins charbonniers JEAN et PIERRE sur le CHARLES LE BORGNE et le BELLE ILE et la disparition du capitaine au long court TREHONDART et de son trois mats LAMORICIERE.

Naufrage du Neil jess sauve par Notre Dame du Salut

On retiendra également de ce dénombrement les disparitions suivantes, soit parce qu'elle impliquèrent plusieurs marins de Séné, soit parce qu'elles ont pu être documentées par un article de presse ou la photo de leur bateau. Ces disparitions sont rapportées des plus anciennes aux plus récentes.

Lors d'un voyage vers Bordeaux, la goélette FANNY qui transportait des fûts de chêne vide, s'est échoué comme nos le raconte l'article cet article de presse. A son bord, le marin, LE GREGAM François Marie [25/03/1851 Montsarrac 12/02/1880]  fut emporté par une lame au large de Marennes.

1880 fany NAUFRAGE b

Fanny fut de vin

La goélette EMILIA FREDERIQUE, disparu lors d'un naufrage entre l'Angleterre et Ars en Ré emportant 4 marins dont les deux frères LE GREGAM,  Mathurin [01/04/1854 Moustérian 24/08/1883] et Julien Marie [4/06/1846 Moustérian 24/08/1883].

La lougre LOUIS & LOUISA, transportait du charbon entre Quimper et l'ïle de Ré. 4 marins de Séné disparurent lors de son naufrage : le mousse LE DORIOL ainsi que les marins NOBLANC Aimé Maria [24/10/1858 Cadouarn 15/10/1883], LE DORIOL Auguste Marie [24/10/1870 Montsarrac 15/10/1883], RAFIE Gildas [20/05/1859 Montsarrac 15/10/1883] et PIERRE Jean Marie [15/03/1860 Kerarden 15/10/1883].

NOBLANC Mathurin [2/03/1858 Kerarden 19/12/1884] a disparu lors du naufrage au large de la Nouvelle Ecosse, de la goélette ASH. La marin de Séné fut enterré sur l'Ile aux Sable.

1884 NOBLANC Ile aux sable

Le SOUVERAIN, en date du 10/03/1891, au cours duquel 5 marins disparurent corps et bien, dont le jeune mousse COCARD Aimé Pierre Marie |22/11/1876 Montsarrac 10/03/1891] et 3 autres marins de Séné : NOBLANC Théophile Joseph Marie [14/11/1864 Bellevue 10/03/1891], LE DUC Jean Marie [26/11/1863 Montsarrac 10/03/1891] et LE DORIOL Pierre Marie [9/05/1859 Montsarrac 10/03/1891].

L'ANTARES disparu le 2/11/1895 et 8 marins périrent dont 3 de Séné : LE GREGAM Jean Marie [3/12/1867- Montsarrac 2/11/1895], LE GREGAM Louis Marie [7/11/1867 Montsarrac 2/11/1895] et son  beau-frère, Joseph  Marie Abel CHRISTOPHE [2/06/1839 Saint Gildas 2/11/1895].

Le brick goélette MOMBERT qui fit naufrage le 4/11/1895 au large des Sables d'Olonnes, emportant 6 marins dont le maître de cabotage EVENO Jean Louis [21/04/1858 Bourg 4/11/1895].

1885 12 Mombert goelette chavirage

LE RAY Toussaint [14/08/1856 Kerarden 4/12/1896] et le jeune mousse TREHONDART Célestin François Marie  [31/05/1883 Montsarrac 4/12/1896] perdirent la vit sur la goélette GARIBALDI entre Saint-Nazaire et Plymouth.

1896 LE RAY Garibaldi

LEYEC Mathurin Jean [3/09/1873 Langle 6/12/1896] perdit la vie lors d'un voyage au départ de Bayonne vers Cardiff à bord du Vapeur COMMENTRY pris dans une tempête où les 18 marins disparurent en mer. Le bateau transportait des poteaux pour les mines usinés à partir de pins de la forêt des Landes et destinés aux mines de charbon au Pays de Galles.

LEYEC Dax poteaux de mines

Comme l'indique ces coupures de presses, plusieurs corps de marins furent retrouvés sur la côte Atlantique.

1896 Commentry Naufrage

PIERRE Julien Marie [9/12/1862 Moustérian 18/06/1897] quant à lui, disparu lors de la collision du vpaeur SOPHIE avec un dundee au large de l'île d'Oléron Les Charbonnières. Il fallut un jugement pour attester sa disparition et l'acte fut retranscrit à Séné.

1897 06 Vapeur Sophie

LE PRIOL Vincent Louis Marie [4/10/1899 Langle 29/05/1930] se noie le 29 mai 1930 en regagant son bord sur le EDIMBOURG, quai des Antilles à Nantes. Il était matelot chauffeur sur ce vapeur de la Compagnie Delmas Frères de la Rochelle. 

1930 LE PRIOL Edimbourg

1930 LE PRIOL Edimburg    1930 LE PRIOL delmas

Cet article de presse de mai 1930, nous précise les circonstances de la disparition de RICHARD Vincent Marie [12/02/1903 Kerarden 27/05/1930], dans la rade de Port de Bouc près de Martigues, alors qu'il regagnait son bord sur le PLM-15.

1930 RICHARD Port de Bouc

Le PLM 15 faisait partie d’une série de 6 charbonniers commandés, par la Société Maritime de Transports et d’Affrètements de Rouen, au chantier anglais « Smith's Dock, South Bank à Middlesborough ». Il fut lancé le 7 juin 1921. Long de 105,18 m, large de 15,08 m et d’un tirant d’eau de 6,91 m, il est propulsé par une machine alternative de 2357 CV permettant de naviguer à 11,5 nœuds. Ses 4 cales jaugent 3987 tonneaux.

1930 richard plm 1

 Léon LE FRANC eut quant à lui plus de chance alors qu'il était embarqué sur le BOREE.

Le 26 mars 1936, le navire BOREE, de la Société Navale de Caen, qui avait chargé du charbon à Tyne en Angleterre, faisait route vers Caen.
A cause d'un épais brouillard, il est entré en collision avec la bateau espagnol AIZKARAÏ MENDI. Le choc fut si fort que le bateau se coupa en deux et coula presqu'immédiatement.
9 membres de son équipage périrent noyés, dont le télégraphiste qui avais transmis le SOS. 13 marins furent sauvés par le AIZKARAI MENDI et le bateau anglais CADACEUS.

BOREE 1

1936 mars 28 Naufrage Borée LE FRANC

 171217 Liste MARINS

 

 

 

vendredi, 13 octobre 2017 21:15

MAHE chez la Reine de Nosy Bé, 1841

Le site GenWeb répertorie des nécropoles, des cimétières militaires, des monuments aux morts et parvient à rassembler des millions de noms de soldats qui perdirent la vie dans des guerres, des batailles ou des conflits.

En sélectionnant, le conflit à Madagascar et en restreignant la recherche aux seuls des ressortissants du département du Morbihan, on tombe sur une liste réduite de fiches, qu'avec un peu de patience, il est possible d'ouvrir une à une et de consulter.

Un nom breton attire l'attention de l'historien local : MAHE. Bingo ! Il est bien Breton et natif de Séné !

1841 MAHE Jean Pierre Le Dordogne   Louis Philippe roi des Français

Qui est donc Jean Pierre MAHE, et que fait-il en 1841 à Madagascar?

La fiche GenWeb donne sa date de naissance, le 13/09/1817 à Séné et la date de son décès le 3/05/1841, visiblement en mer, alors qu'il est embarqué sur la corvette de transport, La Dordogne, navire de la flotte, non du Second Empire [1852 - 1870] mais de la Monarchie de Juillet, du Roi Louis Philippe [1830-1848]

Jean Pierre MAHE est un marin Siangot qui comme tant d'autres a navigué dans des mers lointaines, loin du rivage du Golde du Morbihan.

Son acte de naissance consultable sur le site des Archives du Morbihan, nous indique que son père, Sylvestre, était journalier au bourg de Séné et sa mère Julienne BEUVIT, ménagère.

Jean Pierre MAHE est mort en mer alors qu'il est sur le Dordogne. On pressent une mort par maladie, le corps jeté à la mer au large de Madagascar.

La recherche débute avec comme indices; le nom du bateau, le Dordogne, une date, 1841, une zone géoragraphique, Madagascar. De fil en aiguille, en "surfant" sur Internet, on finit par accumuler des extraits de livres, des informations diverses sur le Dordogne pour enfin tomber sur un article complet.. 

Certes, le chercheur amateur aime à débusquer la pièce, le document que personne n'a encore trouvé. Mais parfois, il vaut mieux s'incliner et laisser la place à des professeurs qui avec patience et plus de talent, ont déjà fait des recherches et rédigé une histoire.

Tamin KARIMBAHY, connait bien l'histoire de Nosy-Bé. Il a écrit dans la Collection Plumes au bout des doigst, un livre intitulé Nosy-Bé, Âme malgache, Coeur français.

Cet extrait, publié en nov-2013, présenté ici légèrement écourté et enrichie de quelques cartes et photographies, va nous éclairer sur le voyage de Jean Pierre MAHE.

Histoire : Annexion de l'île de Nosy-Bé à Madagascar et le lien avec l'Histoire de La Réunion. Clin d'oeil à l'Amiral de Hell et à la Reine Sakalava Tsiomékou.

C’est vrai que lorsque l’on lit les manuels scolaires, les encyclopédies anciennes ou récentes, les anecdotes sur l’annexion de l’île de Nosy-Bé en 1841 sous la Monarchie de Juillet, n’apparaît nulle part ou presque (le sujet n’est parfois qu’effleuré, même par les grands spécialistes de l’histoire coloniale.

Carte de NosyBé 1895

La cession et l’annexion de l’île de Nosybé qui devient française, sous la Monarchie de Juillet du roi des Français, Louis Philippe 1er, est une histoire très peu connue et inexistante dans les écrits sur l’histoire coloniale…(1837-1841)

Historiquement parlant, l’île de Nosybé a connu une histoire assez mouvementée. D’une manière panoramique, trois phases peuvent être discernées au niveau de l’évolution chronologique de cette île :
-d’abord, une période de cessions et de prise de possession par la France, qui va de 1841 à 1896,
- puis une période d’annexion et de rattachement, qui va de 1896 à 1960, pendant laquelle Nosy-Bé est intégrée à Madagascar, alors Colonie française,
- et enfin, une troisième période, qui va du 26 juin 1960 à nos jours (2009), qu’on peut appeler « l’après décolonisation ».

Les roitelets locaux (Mpanjakas) et les reines se succédèrent à Nosy-Bé comme dans les autres villages aux XVIIIème et XIXème siècles, voire tout au long du XXème siècle. 

Ces roitelets étaient d’ailleurs aussi des chefs de villages, des chefs de clans et des valeureux guerriers. La société entière leurs devait le respect. Cela ressemblait fortement à la société féodo-vassalique tant connue en Occident au Moyen Age ! Le roitelet existe encore aujourd’hui, dans les villages malgaches. Celui de Nosy-Bé s’appelle aujourd’hui, Amada Andriantsoly. Le pouvoir des roitelets est héréditaire et trouve sa légitimité dans le lien de sang, de filiation. Le pouvoir et le protocole se transmettent de père en fils. 

Le roitelet a un pouvoir davantage spirituel et symbolique que réel et temporel. Il est consulté lors des grandes décisions pour la sagesse de ses conseils. Il est aussi un guérisseur à sa manière. Il joue encore, en cas de conflit ou de guerre civile ou interethnique, un rôle de médiateur et de négociateur. Il a aujourd’hui un rôle plutôt pacifique. Il recommande généralement la tolérance, la solidarité et le pardon. A Nosy-Bé, les roitelets habitaient tous dans une forteresse dont la vue surplombait la baie. De là-haut, le souverain et sa famille pouvaient regarder les arrivées et les départs des boutres. Dans le quartier d’Andavakotoko, les vestiges de cette maison royale en ruine, existent encore. A l’époque, les reines et les roitelets étaient des chefs de guerre et commandaient les clans et les tribus.

Par ailleurs, vers 1836, à Nosy-Bé, la jeune reine (du terme malgache, Mpanjaka) Tsioméko, qui avait été élue la reine des Sakalavas, originaire du village malgache de Vohémar, en 1836, alors âgée de huit ans, s’était réfugiée depuis 1837 avec ses ministres, ses conseillers et ses sujets sakalavas, à Nosy-Bé, pour s’y mettre à l’abri des pressions, et des attaques des Mérinas des Hauts plateaux, envers lesquels elle refusait de faire acte de vassalité.

 

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Binao, Reine Sakalava Bemihisatra, descendante de la Reine Tsiomeko, vers 1895

En 1837, Tsioméko se tourne vers le sultan de Zanzibar et l’imam de Mascate, Seyid-Saïd, pour lui demander de l’aide militaire. Ce dernier voyait surtout en réalité, une œuvre d’islamisation à accomplir. En échange d’un droit de suzeraineté, il s’était aussi engagé à chasser les Mérinas du Nord-ouest. 

Malheureusement, les secours que Tsioméko avait demandés à Seyid-Saïd ne reçurent qu’une satisfaction temporaire, et avaient consisté plus en paroles qu’en opérations. 

Jeune filles sakalava   1911 Sakalava femme

Il est à noter que cette différence, et je dirais même, cette divergence culturelle et politique, entre d’un côté, les populations côtières descendantes des clans et des tribus africaines, et la population des hauts plateaux, qui elle serait la descendante des Indonésiens et des Malaysiens, date d’avant la colonisation française. C’est aussi cette divergence entre ceux qu’on appelle couramment les « Côtiers » et ceux qu’on appelle « les Hauts plateaux » qui expliquerait aussi, mais pas exclusivement, les instabilités politiques dont est souvent victime la Grande île de Madagascar, et… dans la foulée,…la petite île de Nosy-Bé.

     Anne Chrétien Louis de Hell     Nosy be Hellville

Anne Chrétien Louis de Hell [1783-1864]

A la même époque, et plus précisément à La Réunion, le Contre Amiral de Hell, d’origine alsacienne, avait été promu Gouverneur de l’île. Il était arrivé le 5 mai 1838 à La Réunion, et remplaçait le Gouverneur Cuvillier. En octobre 1841, il fut remplacé par le Gouverneur Bazoche. Pour la petite précision, nous sommes en France sous la Monarchie de Juillet de Louis-Philippe 1er, Roi des Français depuis 1830. Cette monarchie de Juillet va prendre fin en 1848. L’Amiral de Hell donnera son nom à deux villes : Hell-Bourg à Salazie (île de La Réunion) fondée en 1841, tant connue des Réunionnais et… une autre, peut-être un peu moins connue…….Hell-Ville, sur l’île de Nosy-Bé ! Cette anecdote historique est vraiment captivante, pour tous ceux qui veulent comprendre l’Histoire complète de l’océan Indien, sans se focaliser uniquement sur l’île de La Réunion. 

Pour l’Amiral de Hell, une nouvelle exploration des côtes malgaches, restait à réaliser, complétée par des prises de contacts avec les populations du littoral, et en particulier de la côte occidentale.

Nosy be vue d un coin du camp vert

Il dépêcha alors le Capitaine d’infanterie de marine, Passot, aide de camp du gouverneur. Passot parti le 9 juillet 1839 sur le brick le Colibri, pour remplir cette mission de recherches. Il fut accompagné par le missionnaire Dalmond. Ce dernier, qui avait beaucoup voyagé, surtout vers l’île de Sainte-Marie (à l’Est de Madagascar, voir carte ci-dessus), avait comme préoccupation essentielle, l’évangélisation, car il connaissait bien le pays et le dialecte local.

Le Capitaine Passot, accompagné de l’abbé Dalmond, a jeté l’ancre devant Nosy-Bé, le 29 septembre 1839. Ils reçurent les doléances de la jeune reine Tsioméko, de ses ministres Boba et Mangala, et des chefs sakalavas.

Guerriers Sakalaves

Ces derniers étaient tourmentés par les Arabes prosélytiques de Seyid-Saïd, et les Mérinas de Tananarive, pouvaient quant à eux, d’un moment à l’autre, attaquer Nosy-Bé, qui ne constituait en soi, qu’un refuge précaire. Tsioméko adressa donc une demande de protection opportune aux Français. Cette demande alléchante remplissait entièrement les vues du gouverneur de La Réunion. Depuis l’échec de Fort Dauphin en 1642( port au sud-est de Madagascar, aujourd'hui Tolanaro) et les tentatives avortées du Comte de Maudave au XVIIIème siècle, la France cherchait évidemment une porte d’entrée solide et fluide vers Madagascar, pour redonner vie à toute l’idéologie coloniale définie depuis des lustres, par Richelieu, puis Louis XIV.

En effet, Nosy-Bé parut présenter aux Français un intérêt tout particulier. D’une part, à cause de sa position insulaire en plein canal du Mozambique, qui la mettait à l’abri d’une attaque anglaise par surprise, et d’autre part, Nosy-Bé pourrait servir dans « l’avenir de base de départ éventuelle, si la France manifestait de nouveau l’intention de faire valoir ses anciens droits sur Madagascar ». Le Capitaine Passot revient à La Réunion, à la fin de l’année 1839. Il rend compte à l’Amiral de Hell, des résultats favorables de sa mission. Il retourna à Nosy-Bé, le 13 avril 1840, sur la corvette La Prévoyante, avec les instructions du gouverneur, en vue de dresser avec les chefs locaux, un acte de cession de leur île à la France.

Le 14 juillet 1840, la reine Tsioméko et ses chefs de clans sakalavas, signaient en échange d’une protection de Nosy-Bé par la France contre les incursions mérinas, un acte de cession « au roi des Français, Louis-Philippe, des îles de Nossi-Bé et (sic) Nossi-Komba (sic)» et leurs droits sur la côte ouest de Madagascar.

La capitale de l’île de Nosy-Bé a pris alors le nom de Hell-Ville.

C’est ainsi que par arrêté du 13 février 1841, et en accord avec le Ministre de la Marine et des Colonies, que Monsieur de Hell, organisa et prononça la prise de possession de l’île de Nosy-Bé. La prise de possession sur le terrain eut lieu le 5 mars 1841. « Elle fut faite en grande cérémonie. La députation française comprenait MM. Jehenne, capitaine de corvette commandant la gabare Prévoyante, président, Gouhot, capitaine d’artillerie de marine, et Passot, assistés de M. Noël, consul de France à Zanzibar, servant d’interprète, et Rébat, commis d’administration remplissant les fonctions de secrétaire.

Etait également présent le lieutenant de vaisseau Guillain qui commandait la corvette la Dordogne » , et ajoute cet auteur : « en fait, on sentait que cette prise de possession devait être le plus possible justifiée, et qu’elle pouvait l’être non seulement par les cessions des chefs territoriaux, mais aussi par l’exercice du droit qui était né dès 1635, quand notre pavillon fut arboré pour la première fois à Madagascar ».

Corvette Dordogne

La corvette La Dordogne

L’île se trouva alors pourvue d’un commandant, chargé des fonctions d’administrateur. Il était assisté d’un lieutenant d’infanterie de marine commandant la place, d’un médecin, d’un officier de marine, commandant du port. La garnison comprenait soixante hommes, plus six matelots. Cette anecdote de l’annexion de Nosy-Bé par la France, ne figure pratiquement dans aucun livre, ni encyclopédie et reste inconnue du grand public. 

L’étude des toponymes est très intéressante sur Nosy-Bé. Les noms des rues (ex. rue principale du Général de Gaulle, rue du Père Raimbault, Rue Lamy, Boulevard de l’Indépendance, rue du Docteur Mauclair, rue Cours de Hell, rue Albert 1er), les noms des écoles (ex. Ecole Lamartine) mais aussi les canons sur le littoral, la prison, le dispensaire, les maisons au style colonial, rappellent aussi et encore la France.

Passot va immortaliser son nom, lui aussi, sur Nosy-Bé.
En effet, à une vingtaine de kilomètres du grand village d’Ambatoloaka, on peut atteindre le point culminant de l’île (330m). Un point culminant d’où on peut observer un superbe coucher du soleil et l’admirer la nuit tombée. Et au loin, vraiment au loin, on peut voir aussi scintiller les lumières de Mayotte ! Ce point culminant où on peut admirer le coucher du soleil surtout en hiver austral, et également des plantations de teck et de sisal, s’appelle le Mont Passot, du nom du fameux Capitaine !  On peut de la même manière découvrir, sept lacs de cratère, la côte ouest de l’île et même l’île de Nosy-Sakatia. Ces lacs sont considérés comme étant sacrés par les Malgaches, qui viennent pour leurs cérémonies religieuses. Il est interdit d’y faire ses besoins et d’y jeter des choses. Ils sont, par ailleurs, remplis de crocodiles et de choses mystérieuses que les Malgaches croyants appellent Bibis... 

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Mont Passot : plateforme avec vue sur la Canal du Mozambique

Le 4 mai 1888, Nosy-Bé fut séparée de Mayotte, et rattachée du point de vue administratif à Diégo-Suarez (Nord Ouest de Madagascar) , où fut installé un gouverneur. Pendant tout ce temps, les droits de la France sur la côte nord-ouest de Madagascar étaient discutés par les Mérinas. En 1889, ces derniers occupèrent officiellement les îles Nosy-Faly et Nosy-Mitsio. Les premières évacuations d’Européens commencèrent en novembre 1894. « Les colons et commerçants d’Ankify et du Sambirano sont repliés sur Nossi-Komba (sic); les Indiens viennent se réfugier à Nossi-Bé. De leur côté, les Mérinas se fortifient ».

Les menaces se précisent. Petit à petit, les Français attaquent et occupent Tamatave et Majunga. Le 30 septembre 1895, Tananarive est prise par les Français. (Lire article sur les rapatrié de Madagascar). Cette nouvelle arrive le 22 octobre 1895 à Hell-Ville. « Ce brillant fait d’armes, écrit l’administrateur principal au ministre, a produit dans toute la région une émotion intense, les Hovas ayant répété que les Français n’atteindraient jamais leur capitale ».

La pacification de Madagascar est alors terminée. Le calme revient à Nosy-Bé. Le 3 novembre 1895, le poste de défense devenu inutile, est évacué. Le 10 décembre 1895, Nosy-Komba est aussi évacuée. Pour la petite histoire, cette île s’appelle ainsi à cause de la présence d’une communauté de lémuriens dont le mâle est noir et la femelle est rousse.

A partir de 1896, « l’histoire de Nossi-Bé, se confond avec celle de l’île de Madagascar. Le décret du 28 janvier 1896 rattache l’établissement à Madagascar. » 

nosybé timbre

Le 28 juillet 1885, dix ans après l’Amendement Wallon et les lois constitutionnelles de 1875 qui légitimaient la IIIème République, Jules Ferry relançait la conquête du Tonkin et de Madagascar. Luttant contre un certain Georges Clemenceau - fervent défenseur des deux filles de la France « l’Alsace et la Lorraine » et voulant faire de la récupération de ces deux régions une priorité nationale - Jules Ferry réussit à donner vie à l’idéologie coloniale et à faire renaître le rêve de la conquête de Madagascar. 
En 1885, un traité de paix établit le protectorat de la France sur Madagascar et lui concéda Diégo-Suarez. Le premier Résident Général de France, Le Myre de Villiers s’installa en 1886 à Tananarive. Bien que les Malgaches aient signé à contrecœur, les conflits s’accumulent en 1894, et le Résident Larrouy avait dû quitter Tananarive. Le projet d’une expédition militaire fut alors envisagé. L’administrateur Laroche ne parvenant pas à réduire les soulèvements dans les provinces, le Général Gallieni a été choisi pour prendre en main la Colonie de 1896 à 1905. 

Article culturel et géopolitique rédigé par Tamim KARIMBHAY professeur, historien et romancier auteur d'une monographie culturelle et historique d’un espace culturel et touristique insulaire dans l’océan Indien et le canal du Mozambique : Nosy-Bé : Âme malgache, Coeur français et du roman autobiographique et géopolitique : un hypertexte polyvalent et visionnaire : Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire à contre courant. 

1840 Dordogne StationBourbon

AINSI, on comprend que Jean Pierre MAHE arrive à Nosy Bé sur la corvette La Dordogne du capitaine de vaisseau Guillain. Après avoir quitté NosyBé pour l'île Bourbon (la Réunion), une épidémie de dysenterie sévit sur la Dordogne. Plusieurs marins sont jetés à la mer comme le marin Tréguer François René.

1841 MAHE Jean Pierre dysenterie

Tout porte à croire que Jean Pierre MAHE, dont le corps est jeté à la mer est mégalement mort de dysenterie typhoïde.

1841 Mahe Deces

Aujourd'hui, l'île de NosyBé est une destination touristique qui abrite des vestiges de la présence française qui date de 1841.

Pour en savoir plus : http://agir.avec.madagascar.over-blog.com/2016/01/nosy-be-c-etait-hier.html

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Vue d'une palge de rêves à Nosybé 

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Edifice colonial à Hellville et ancien phare.

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Maison de style colonial Hellville