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vendredi, 13 octobre 2017 21:15

MAHE chez la Reine de Nosy Bé, 1841

Le site GenWeb répertorie des nécropoles, des cimétières militaires, des monuments aux morts et parvient à rassembler des millions de noms de soldats qui perdirent la vie dans des guerres, des batailles ou des conflits.

En sélectionnant, le conflit à Madagascar et en restreignant la recherche aux seuls des ressortissants du département du Morbihan, on tombe sur une liste réduite de fiches, qu'avec un peu de patience, il est possible d'ouvrir une à une et de consulter.

Un nom breton attire l'attention de l'historien local : MAHE. Bingo ! Il est bien Breton et natif de Séné !

1841 MAHE Jean Pierre Le Dordogne   Louis Philippe roi des Français

Qui est donc Jean Pierre MAHE, et que fait-il en 1841 à Madagascar?

La fiche GenWeb donne sa date de naissance, le 13/09/1817 à Séné et la date de son décès le 3/05/1841, visiblement en mer, alors qu'il est embarqué sur la corvette de transport, La Dordogne, navire de la flotte, non du Second Empire [1852 - 1870] mais de la Monarchie de Juillet, du Roi Louis Philippe [1830-1848]

Jean Pierre MAHE est un marin Siangot qui comme tant d'autres a navigué dans des mers lointaines, loin du rivage du Golde du Morbihan.

Son acte de naissance consultable sur le site des Archives du Morbihan, nous indique que son père, Sylvestre, était journalier au bourg de Séné et sa mère Julienne BEUVIT, ménagère.

Jean Pierre MAHE est mort en mer alors qu'il est sur le Dordogne. On pressent une mort par maladie, le corps jeté à la mer au large de Madagascar.

La recherche débute avec comme indices; le nom du bateau, le Dordogne, une date, 1841, une zone géoragraphique, Madagascar. De fil en aiguille, en "surfant" sur Internet, on finit par accumuler des extraits de livres, des informations diverses sur le Dordogne pour enfin tomber sur un article complet.. 

Certes, le chercheur amateur aime à débusquer la pièce, le document que personne n'a encore trouvé. Mais parfois, il vaut mieux s'incliner et laisser la place à des professeurs qui avec patience et plus de talent, ont déjà fait des recherches et rédigé une histoire.

Tamin KARIMBAHY, connait bien l'histoire de Nosy-Bé. Il a écrit dans la Collection Plumes au bout des doigst, un livre intitulé Nosy-Bé, Âme malgache, Coeur français.

Cet extrait, publié en nov-2013, présenté ici légèrement écourté et enrichie de quelques cartes et photographies, va nous éclairer sur le voyage de Jean Pierre MAHE.

Histoire : Annexion de l'île de Nosy-Bé à Madagascar et le lien avec l'Histoire de La Réunion. Clin d'oeil à l'Amiral de Hell et à la Reine Sakalava Tsiomékou.

C’est vrai que lorsque l’on lit les manuels scolaires, les encyclopédies anciennes ou récentes, les anecdotes sur l’annexion de l’île de Nosy-Bé en 1841 sous la Monarchie de Juillet, n’apparaît nulle part ou presque (le sujet n’est parfois qu’effleuré, même par les grands spécialistes de l’histoire coloniale.

Carte de NosyBé 1895

La cession et l’annexion de l’île de Nosybé qui devient française, sous la Monarchie de Juillet du roi des Français, Louis Philippe 1er, est une histoire très peu connue et inexistante dans les écrits sur l’histoire coloniale…(1837-1841)

Historiquement parlant, l’île de Nosybé a connu une histoire assez mouvementée. D’une manière panoramique, trois phases peuvent être discernées au niveau de l’évolution chronologique de cette île :
-d’abord, une période de cessions et de prise de possession par la France, qui va de 1841 à 1896,
- puis une période d’annexion et de rattachement, qui va de 1896 à 1960, pendant laquelle Nosy-Bé est intégrée à Madagascar, alors Colonie française,
- et enfin, une troisième période, qui va du 26 juin 1960 à nos jours (2009), qu’on peut appeler « l’après décolonisation ».

Les roitelets locaux (Mpanjakas) et les reines se succédèrent à Nosy-Bé comme dans les autres villages aux XVIIIème et XIXème siècles, voire tout au long du XXème siècle. 

Ces roitelets étaient d’ailleurs aussi des chefs de villages, des chefs de clans et des valeureux guerriers. La société entière leurs devait le respect. Cela ressemblait fortement à la société féodo-vassalique tant connue en Occident au Moyen Age ! Le roitelet existe encore aujourd’hui, dans les villages malgaches. Celui de Nosy-Bé s’appelle aujourd’hui, Amada Andriantsoly. Le pouvoir des roitelets est héréditaire et trouve sa légitimité dans le lien de sang, de filiation. Le pouvoir et le protocole se transmettent de père en fils. 

Le roitelet a un pouvoir davantage spirituel et symbolique que réel et temporel. Il est consulté lors des grandes décisions pour la sagesse de ses conseils. Il est aussi un guérisseur à sa manière. Il joue encore, en cas de conflit ou de guerre civile ou interethnique, un rôle de médiateur et de négociateur. Il a aujourd’hui un rôle plutôt pacifique. Il recommande généralement la tolérance, la solidarité et le pardon. A Nosy-Bé, les roitelets habitaient tous dans une forteresse dont la vue surplombait la baie. De là-haut, le souverain et sa famille pouvaient regarder les arrivées et les départs des boutres. Dans le quartier d’Andavakotoko, les vestiges de cette maison royale en ruine, existent encore. A l’époque, les reines et les roitelets étaient des chefs de guerre et commandaient les clans et les tribus.

Par ailleurs, vers 1836, à Nosy-Bé, la jeune reine (du terme malgache, Mpanjaka) Tsioméko, qui avait été élue la reine des Sakalavas, originaire du village malgache de Vohémar, en 1836, alors âgée de huit ans, s’était réfugiée depuis 1837 avec ses ministres, ses conseillers et ses sujets sakalavas, à Nosy-Bé, pour s’y mettre à l’abri des pressions, et des attaques des Mérinas des Hauts plateaux, envers lesquels elle refusait de faire acte de vassalité.

 

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Binao, Reine Sakalava Bemihisatra, descendante de la Reine Tsiomeko, vers 1895

En 1837, Tsioméko se tourne vers le sultan de Zanzibar et l’imam de Mascate, Seyid-Saïd, pour lui demander de l’aide militaire. Ce dernier voyait surtout en réalité, une œuvre d’islamisation à accomplir. En échange d’un droit de suzeraineté, il s’était aussi engagé à chasser les Mérinas du Nord-ouest. 

Malheureusement, les secours que Tsioméko avait demandés à Seyid-Saïd ne reçurent qu’une satisfaction temporaire, et avaient consisté plus en paroles qu’en opérations. 

Jeune filles sakalava   1911 Sakalava femme

Il est à noter que cette différence, et je dirais même, cette divergence culturelle et politique, entre d’un côté, les populations côtières descendantes des clans et des tribus africaines, et la population des hauts plateaux, qui elle serait la descendante des Indonésiens et des Malaysiens, date d’avant la colonisation française. C’est aussi cette divergence entre ceux qu’on appelle couramment les « Côtiers » et ceux qu’on appelle « les Hauts plateaux » qui expliquerait aussi, mais pas exclusivement, les instabilités politiques dont est souvent victime la Grande île de Madagascar, et… dans la foulée,…la petite île de Nosy-Bé.

     Anne Chrétien Louis de Hell     Nosy be Hellville

Anne Chrétien Louis de Hell [1783-1864]

A la même époque, et plus précisément à La Réunion, le Contre Amiral de Hell, d’origine alsacienne, avait été promu Gouverneur de l’île. Il était arrivé le 5 mai 1838 à La Réunion, et remplaçait le Gouverneur Cuvillier. En octobre 1841, il fut remplacé par le Gouverneur Bazoche. Pour la petite précision, nous sommes en France sous la Monarchie de Juillet de Louis-Philippe 1er, Roi des Français depuis 1830. Cette monarchie de Juillet va prendre fin en 1848. L’Amiral de Hell donnera son nom à deux villes : Hell-Bourg à Salazie (île de La Réunion) fondée en 1841, tant connue des Réunionnais et… une autre, peut-être un peu moins connue…….Hell-Ville, sur l’île de Nosy-Bé ! Cette anecdote historique est vraiment captivante, pour tous ceux qui veulent comprendre l’Histoire complète de l’océan Indien, sans se focaliser uniquement sur l’île de La Réunion. 

Pour l’Amiral de Hell, une nouvelle exploration des côtes malgaches, restait à réaliser, complétée par des prises de contacts avec les populations du littoral, et en particulier de la côte occidentale.

Nosy be vue d un coin du camp vert

Il dépêcha alors le Capitaine d’infanterie de marine, Passot, aide de camp du gouverneur. Passot parti le 9 juillet 1839 sur le brick le Colibri, pour remplir cette mission de recherches. Il fut accompagné par le missionnaire Dalmond. Ce dernier, qui avait beaucoup voyagé, surtout vers l’île de Sainte-Marie (à l’Est de Madagascar, voir carte ci-dessus), avait comme préoccupation essentielle, l’évangélisation, car il connaissait bien le pays et le dialecte local.

Le Capitaine Passot, accompagné de l’abbé Dalmond, a jeté l’ancre devant Nosy-Bé, le 29 septembre 1839. Ils reçurent les doléances de la jeune reine Tsioméko, de ses ministres Boba et Mangala, et des chefs sakalavas.

Guerriers Sakalaves

Ces derniers étaient tourmentés par les Arabes prosélytiques de Seyid-Saïd, et les Mérinas de Tananarive, pouvaient quant à eux, d’un moment à l’autre, attaquer Nosy-Bé, qui ne constituait en soi, qu’un refuge précaire. Tsioméko adressa donc une demande de protection opportune aux Français. Cette demande alléchante remplissait entièrement les vues du gouverneur de La Réunion. Depuis l’échec de Fort Dauphin en 1642( port au sud-est de Madagascar, aujourd'hui Tolanaro) et les tentatives avortées du Comte de Maudave au XVIIIème siècle, la France cherchait évidemment une porte d’entrée solide et fluide vers Madagascar, pour redonner vie à toute l’idéologie coloniale définie depuis des lustres, par Richelieu, puis Louis XIV.

En effet, Nosy-Bé parut présenter aux Français un intérêt tout particulier. D’une part, à cause de sa position insulaire en plein canal du Mozambique, qui la mettait à l’abri d’une attaque anglaise par surprise, et d’autre part, Nosy-Bé pourrait servir dans « l’avenir de base de départ éventuelle, si la France manifestait de nouveau l’intention de faire valoir ses anciens droits sur Madagascar ». Le Capitaine Passot revient à La Réunion, à la fin de l’année 1839. Il rend compte à l’Amiral de Hell, des résultats favorables de sa mission. Il retourna à Nosy-Bé, le 13 avril 1840, sur la corvette La Prévoyante, avec les instructions du gouverneur, en vue de dresser avec les chefs locaux, un acte de cession de leur île à la France.

Le 14 juillet 1840, la reine Tsioméko et ses chefs de clans sakalavas, signaient en échange d’une protection de Nosy-Bé par la France contre les incursions mérinas, un acte de cession « au roi des Français, Louis-Philippe, des îles de Nossi-Bé et (sic) Nossi-Komba (sic)» et leurs droits sur la côte ouest de Madagascar.

La capitale de l’île de Nosy-Bé a pris alors le nom de Hell-Ville.

C’est ainsi que par arrêté du 13 février 1841, et en accord avec le Ministre de la Marine et des Colonies, que Monsieur de Hell, organisa et prononça la prise de possession de l’île de Nosy-Bé. La prise de possession sur le terrain eut lieu le 5 mars 1841. « Elle fut faite en grande cérémonie. La députation française comprenait MM. Jehenne, capitaine de corvette commandant la gabare Prévoyante, président, Gouhot, capitaine d’artillerie de marine, et Passot, assistés de M. Noël, consul de France à Zanzibar, servant d’interprète, et Rébat, commis d’administration remplissant les fonctions de secrétaire.

Etait également présent le lieutenant de vaisseau Guillain qui commandait la corvette la Dordogne » , et ajoute cet auteur : « en fait, on sentait que cette prise de possession devait être le plus possible justifiée, et qu’elle pouvait l’être non seulement par les cessions des chefs territoriaux, mais aussi par l’exercice du droit qui était né dès 1635, quand notre pavillon fut arboré pour la première fois à Madagascar ».

Corvette Dordogne

La corvette La Dordogne

L’île se trouva alors pourvue d’un commandant, chargé des fonctions d’administrateur. Il était assisté d’un lieutenant d’infanterie de marine commandant la place, d’un médecin, d’un officier de marine, commandant du port. La garnison comprenait soixante hommes, plus six matelots. Cette anecdote de l’annexion de Nosy-Bé par la France, ne figure pratiquement dans aucun livre, ni encyclopédie et reste inconnue du grand public. 

L’étude des toponymes est très intéressante sur Nosy-Bé. Les noms des rues (ex. rue principale du Général de Gaulle, rue du Père Raimbault, Rue Lamy, Boulevard de l’Indépendance, rue du Docteur Mauclair, rue Cours de Hell, rue Albert 1er), les noms des écoles (ex. Ecole Lamartine) mais aussi les canons sur le littoral, la prison, le dispensaire, les maisons au style colonial, rappellent aussi et encore la France.

Passot va immortaliser son nom, lui aussi, sur Nosy-Bé.
En effet, à une vingtaine de kilomètres du grand village d’Ambatoloaka, on peut atteindre le point culminant de l’île (330m). Un point culminant d’où on peut observer un superbe coucher du soleil et l’admirer la nuit tombée. Et au loin, vraiment au loin, on peut voir aussi scintiller les lumières de Mayotte ! Ce point culminant où on peut admirer le coucher du soleil surtout en hiver austral, et également des plantations de teck et de sisal, s’appelle le Mont Passot, du nom du fameux Capitaine !  On peut de la même manière découvrir, sept lacs de cratère, la côte ouest de l’île et même l’île de Nosy-Sakatia. Ces lacs sont considérés comme étant sacrés par les Malgaches, qui viennent pour leurs cérémonies religieuses. Il est interdit d’y faire ses besoins et d’y jeter des choses. Ils sont, par ailleurs, remplis de crocodiles et de choses mystérieuses que les Malgaches croyants appellent Bibis... 

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Mont Passot : plateforme avec vue sur la Canal du Mozambique

Le 4 mai 1888, Nosy-Bé fut séparée de Mayotte, et rattachée du point de vue administratif à Diégo-Suarez (Nord Ouest de Madagascar) , où fut installé un gouverneur. Pendant tout ce temps, les droits de la France sur la côte nord-ouest de Madagascar étaient discutés par les Mérinas. En 1889, ces derniers occupèrent officiellement les îles Nosy-Faly et Nosy-Mitsio. Les premières évacuations d’Européens commencèrent en novembre 1894. « Les colons et commerçants d’Ankify et du Sambirano sont repliés sur Nossi-Komba (sic); les Indiens viennent se réfugier à Nossi-Bé. De leur côté, les Mérinas se fortifient ».

Les menaces se précisent. Petit à petit, les Français attaquent et occupent Tamatave et Majunga. Le 30 septembre 1895, Tananarive est prise par les Français. (Lire article sur les rapatrié de Madagascar). Cette nouvelle arrive le 22 octobre 1895 à Hell-Ville. « Ce brillant fait d’armes, écrit l’administrateur principal au ministre, a produit dans toute la région une émotion intense, les Hovas ayant répété que les Français n’atteindraient jamais leur capitale ».

La pacification de Madagascar est alors terminée. Le calme revient à Nosy-Bé. Le 3 novembre 1895, le poste de défense devenu inutile, est évacué. Le 10 décembre 1895, Nosy-Komba est aussi évacuée. Pour la petite histoire, cette île s’appelle ainsi à cause de la présence d’une communauté de lémuriens dont le mâle est noir et la femelle est rousse.

A partir de 1896, « l’histoire de Nossi-Bé, se confond avec celle de l’île de Madagascar. Le décret du 28 janvier 1896 rattache l’établissement à Madagascar. » 

nosybé timbre

Le 28 juillet 1885, dix ans après l’Amendement Wallon et les lois constitutionnelles de 1875 qui légitimaient la IIIème République, Jules Ferry relançait la conquête du Tonkin et de Madagascar. Luttant contre un certain Georges Clemenceau - fervent défenseur des deux filles de la France « l’Alsace et la Lorraine » et voulant faire de la récupération de ces deux régions une priorité nationale - Jules Ferry réussit à donner vie à l’idéologie coloniale et à faire renaître le rêve de la conquête de Madagascar. 
En 1885, un traité de paix établit le protectorat de la France sur Madagascar et lui concéda Diégo-Suarez. Le premier Résident Général de France, Le Myre de Villiers s’installa en 1886 à Tananarive. Bien que les Malgaches aient signé à contrecœur, les conflits s’accumulent en 1894, et le Résident Larrouy avait dû quitter Tananarive. Le projet d’une expédition militaire fut alors envisagé. L’administrateur Laroche ne parvenant pas à réduire les soulèvements dans les provinces, le Général Gallieni a été choisi pour prendre en main la Colonie de 1896 à 1905. 

Article culturel et géopolitique rédigé par Tamim KARIMBHAY professeur, historien et romancier auteur d'une monographie culturelle et historique d’un espace culturel et touristique insulaire dans l’océan Indien et le canal du Mozambique : Nosy-Bé : Âme malgache, Coeur français et du roman autobiographique et géopolitique : un hypertexte polyvalent et visionnaire : Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire à contre courant. 

1840 Dordogne StationBourbon

AINSI, on comprend que Jean Pierre MAHE arrive à Nosy Bé sur la corvette La Dordogne du capitaine de vaisseau Guillain. Après avoir quitté NosyBé pour l'île Bourbon (la Réunion), une épidémie de dysenterie sévit sur la Dordogne. Plusieurs marins sont jetés à la mer comme le marin Tréguer François René.

1841 MAHE Jean Pierre dysenterie

Tout porte à croire que Jean Pierre MAHE, dont le corps est jeté à la mer est mégalement mort de dysenterie typhoïde.

1841 Mahe Deces

Aujourd'hui, l'île de NosyBé est une destination touristique qui abrite des vestiges de la présence française qui date de 1841.

Pour en savoir plus : http://agir.avec.madagascar.over-blog.com/2016/01/nosy-be-c-etait-hier.html

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Vue d'une palge de rêves à Nosybé 

Colonial ruin in Hell Ville Nosy Be   315 198 68239

Edifice colonial à Hellville et ancien phare.

hell ville maison coloniale

Maison de style colonial Hellville