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En août 1914, les Allemands envahissent le territoire belge et se dirigent vers la France. La Belgique inflige de nombreuses défaites aux troupes allemandes. L’affront est d’autant mal perçu qu’il est considéré comme servant la France. Les représailles sont violentes. Les troupes françaises défendent les frontières franco-belges et franco-allemandes, c’est « la bataille des frontières ». Les soldats français sont envoyés dans différentes zones de combats : en Haute-Alsace, dans les Vosges, les plateaux lorrains, le sillon Sambre-et-Meuse et dans les Ardennes belges.

big front 22 aout

Le 22 août 1914 est considéré comme le jour le plus sanglant de l’histoire de l’Armée française. En une seule journée, lors d’une série de combats livrés de Charleroi au confins du Luxembourg, quelque 25 000 hommes sont tués, des dizaines de milliers d’autres blessés et/ou capturés.
Les régiments bretons sont, comme les autres, pris dans ce tourbillon tragique notamment au cours des combats livrés ce jour-là par quelques-uns d’entre eux : la bataille de Rossignol, au cours duquel la 3e DIC (Brest) est presque anéantie ; la bataille de Maissin (en Belgique), livrée entre autres par la 22e DI (Quimper) dont dépendent les 19e RI et 118e RI, les deux régiments d’active du Finistère.

lire également le pdf ci-joint.

Nos soldats ne sont pas encore appelés "poilus" et leur uniforme est trop visible pour les mitrailleuses allemandes ..

1914 08 22 maissin 2

Parmi les morts de cette terrible journée, on compte deux Sinagots, Albert MONFORT né à Séné et Lucien TIPHAIGNE dont le dernier domicile est à Séné. Tous deux ont leur noms gravés sur le monument aux morts de Séné. Il s'agit des deux "premiers" "Morts pour la France habitants à Séné.

 

Albert Pierre Marie MONFORT : 24/04/1892 - 22/08/1914

Albert Montfort est né à Gouavert en Séné le 24 avril 1892. Son père, Pierre Marie, est cultivateur, sa mère se nomme Jeanne Marie Le Ray. Le "dénombrement" de 1911 nous indique qu'il est le 4° garçon d'une famille de cultivateurs.

Montfort Albert famille

Sa fiche de matricule nous informe que depuis le 8 octobre 1913, Albert, accomplit son service militaire comme soldat de 2° classe au 118e régiment d’infanterie basé à Quimper.

Sa fiche de matricule ajoute une description du jeune soldat : il mesure alors 1,69 m. Il a les cheveux châtains, les yeux bruns, le front vertical, le nez fort et le visage ovale. Il porte une cicatrice sur le sourcil gauche. Comme tous les appelés effectuant leur service militaire, il fait parti des premiers soldats à être envoyés au front. Il est déclaré parti à la guerre le 8 août 1914 soit 5 jours après la déclaration de guerre de l'Allemagne.

MONTFORT Maissin carte

Dans les Ardennes belges, les ostilités opposent Allemands et Français à Maissin. Le 118° régiment d'infanterie de Quimper auquel appartient Albert MONFORT est au avants-postes comme nous le relate l'historique du régiment :

"Le 22 août, le 118°RI quitte Auby, à 4h45 et entre dans la colonne formée par la division à Bellevaux, à 8h30.
Le 19° RI constitue l’infanterie de l’avant-garde de la division. Le 118°RI, tête du gros de la colonne, atteint la voie ferrée de Paliseul, à 10h30. Coupé par des éléments de la 21°DI, il arrête sa marche, qu’il reprend qu’à 11 heures et passa à midi à Paliseul, marchant sur Maissin. Malgré la forte chaleur, la longueur de l’étape, le peu de nourriture pris en cours de route, les moral est excellent. Les renseignement communiquées sont les suivants : « Une colonne ennemie se dirige de Tronquoy (au nord de Neufchâteau) vers le N.O. : attaquer l’ennemi partout où on le rencontrera, le XI CA marche sur Maissin, qui n’est pas occupé. »

Après avoir dépassé Paliseul, d’environ 2 km, nous commençons à entendre la fusillade et peu après nous rencontrons des chevaux et des cavaliers blessés qui se portaient en arrière.
A 12h15 le 1er bataillon (Doucet) reçoit l’ordre d’aller s’installer en flanc-garde aux lisières N.E. et est du massif de Franc-Bois, et le 3° bataillon (Hanquelle) d’aller occuper la crête 405 (1.500 m S.E. de Maissin) pour surveiller les directions d’Anloy-Villance.
Le 2° bataillon (Bouvier) est envoyé vers la ferme de la « Réunion des Labourteur » 300 m O de la grande route), e, soutien du 19°RI qui est arrêté par des feux violents, à la sortie de Maissin. Le combat s’engage, c’est le baptême du feu.
Les Boches sont retranchés là depuis plusieurs jours, dans les bois, les champs d’avoine et les champs de blé, Les bataillons se déploient et progressent sous une grêle de balles.
Dans un élan magnifique, les officiers sabre au clair, les soldats, baïonnette au canon, se portent à l’assaut des forces ennemies, fortement défendues par des fils de fer et de nombreuses mitrailleuses.
Le 19°RI criblé de projectiles, a subi de grosses pertes et ne peut dépasser la ferme de Bellevue. L’uniforme grisâtre de l’ennemie est tellement invisible que l’on ne se rend pas compte des points d’où partent les coups. Une batterie du 35° qui, dès le début de l’action, est venue appuyer le 19°RI, a déjà perdu la plus grande partie de son effectif et ne peut tirer un coup de canon sans être aussitôt criblée d’obus.
Le 116°RI, puis le 62° et enfin le 337° viennent successivement nous renforcer et par bonds successifs, nous pouvons gagner du terrain et nous rapprocher de l’ennemi.

Pendant ce temps, une autre batterie d’artillerie prend position à l’ouest de Bellevue, à l’abri d’une crête, à 1.200 m environ des tranchées ennemies et, en très peu de temps, elle règle son tir et exécute un feu violent sur les tranchées d’où sort bientôt l’ennemi en fuite.
Aussitôt, toute le ligne charge à la baïonnette et les Allemands abandonnent leurs tranchées et el village en y laissant de nombreux morts et blessés.
Il est environ 16 heures, nous sommes maîtres de Maissin et des ses abords. Mais peu de temps après, nous recevons des nombreux projectiles sur notre flanc droit. Quelques fractions reformées en toute hâte font face à l’ennemi de ce côté et ouvrent immédiatement le feu.
L’ennemi contenu devant la ferme de Bellevue, où se trouvent de nombreux blessés riposte avec violence, en battant principalement l’entrée de la ferme pendant que d’autres fractions continuent à gagner du terrain vers Paliseul.
A 17H30, l’ordre de se replier est donné. La retraite s’exécute à travers bois, sur Paliseul. Les lisières N. et N.E. du village sont organisées, des tranchées y sont creusés et, garnies de tirailleurs. On y passe la nuit, le Boche ne poursuit pas.

 

Au cours de cette journée du 22 août 1914, le 118°RI perd 1.100 hommes, soit le tiers de ses effectifs. Ce même 22 août 1914, le soldat Montfort disparaît à Maissin. Il était célibataire et âgé de 22 ans. Son décès est fixé au 22 août 1914 par jugement déclaratif de décès rendu le 14 décembre 1920 par le tribunal de Vannes.

MONTFORT Albert Extrait MAT

La famille sera à nouveau endeuillé par la perte de son frère Louis François Marie le 16/06/1915 sur le front dans l'Oise.

 

Lucien TIPHAIGNE  :17/01/1893 - 22/08/1914

L'acte de décès au registre d'état civil de Séné nous indique que Lucien TIPHAIGNE a élu domicile à Séné mais est natif de Paris 18°. Quel alea de sa vie l'aura conduit à Séné ?

 TIPHAIGNE deces

Sa fiche de matricule des archives de Paris nous indique qu'il réside à Paris comme ses parents, qu'il est employé de banque. Quel liens a-t-il avec Séné ?

Tiphaigne MAT identite

La recherche dans les archives en ligne de la ville de Paris nous précise les circonstances de sa naissance.

TIPHAIGNE reconnu

Tiphaigne Lucien est né en 1893 à Paris mais il n'a été reconnu par sa mère (née ROLET) qu'en 1902 et ensuite par son père Mathurin Louis qu'en 1913.

On retrouve trace au dénombrement de 1911 de sa grand-mère Marie Vincente Le Franc et de sa tante Anne Marie Amélie toutes deux vivant à Séné.

TIPHAIGNE famille

La consultation du dénombrement de 1911 indique une dénommée Marie Tiphaigne née en 1860. Les tables décennales et les actes de naissance permettent de préciser la généalogie de Lucien Tiphaigne. Il avait pour cousin Louis Rolland. 

TIPHAIGNE geneal

Quels rapport entretenait-il avec ses parents ? Etaient-ils décédés avant 1914 et s'est-il domicilié chez sa grand-mère Le Franc ?

Depuis la mobilisation il a intégré le 132°Régiment d'Infanterie. Sa fiche "mémoire des Hommes" nous indique qu'il est disparu au combat à Doncourt le 22/08/1914.

  Tiphaigne Doncourt ruine

L'historique sommaire réalisé du 132° RI nous relate les premières semaines de combats.

"Le régiment quitte sa garnison de Reims, le 31 juillet au matin, comme troupes de couverture, sous les ordres du Colonel Gramat. Débarqué à St Mihiel, il stationne dans la trouée de Spada à Heudicourt-Nonsard-Creuë jusqu’au 10 août. Pendant ce temps, sous la protection des bataillons de Chasseurs en avant-postes, le régiment organise défensivement les Hauts de Meuse.
Devant l’offensive allemande, par la Belgique, il marche sur le Luxembourg par Fresnes-en-Woevre, Etain, Longwy. Le 22 août, première rencontre avec l’ennemi à la sortie de Beuveilles, où il tient les Boches en respect toute la journée. Mais le soir il faut céder devant le nombre et, suivant les ordres de retraite, il se retire sur la Meuse tout en combattant et en disputant le terrain lambeau par lambeau."

Lucien TIPHAIGNE est donc dans les parages de Beuveilles département de la Meuse comme l'indique cette carte. Il décède lors de la retraite de son régiment poursuivit par les troupes allemandes supérieures en nombre et mitrailleuses.

Tiphaigne Doncourt

 

La nécropole de Maissin :

Comme celle de Albert Monfort, les dépouilles des soldats tombés ce jour-là à Maissin n’ont pas toutes été identifiées, loin s’en faut. Afin qu’ils puissent reposer en paix, loin de leur terre natale, il est décidé de déplacer un calvaire breton dans le cimetière belge où se trouvent leurs sépultures communes ou individuelles. C’est celui de Ty Ruz au Tréhou qui a été choisi. Une cérémonie d’« Adieu au Calvaire » s’est déroulée en grande pompe le 3 avril 1932 en présence de nombreux élus, de l’abbé Boëtté, aumonier du 19e RI. L’inauguration a lieu le 21 août 1932 en présence de M. Le Gorgeu, Sénateur-Maire de la Ville de Brest, de Monseigneur Duparc, évêque de Quimper, des autorités civiles et militaires et de nombreux Bretons.
L’Amicale du 19e RI est alors très active sous l’impulsion de son président Pierre Massé et les commémorations sont suivies par grande nombre de Bretons pendant des décennies.
Une inscription est visible sur une pierre tombale à l’entrée du cimetière : « Ce calvaire breton du XVIe siècle provenant de la commune du Tréhou (Finistère), a été érigé dans ce cimetière en l’an 1932 pour veiller sur le dernier sommeil des soldats bretons et vendéens du XIe Corps d’Armée tombés les 22 et 23 août 1914 au combat de Maissin.»

La nécropole de Maissin est située en Belgique, dans la province de Luxembourg, à 45 km au nord-est de Sedan, dans l'actuelle communauté de communes de Paliseul.

Lieux Necropole Maissin

Elle occupe une superficie de 5 040 m2. Un calvaire breton du XVIe siècle, une stèle commémorative aux morts du IIe Corps d'Armée (C.A.), et une borne dédiée à Pierre Massé en forme le mobilier.

Ce lieu de mémoire est la dernière demeure de 4 782 de combattants morts en août 1914. Ce cimetière militaire abrite les corps de 282 Français et de 513 Allemands, réparties en tombes individuelles.

3 001 autres soldats français sont répartis en deux ossuaires ; 643 Français et 343 Allemands occupent un ossuaire mixte.

L'Origine du cimetière

Dès le 24 août 1914, après la retraite du IIe C.A. français, l'armée impériale allemande procéda aux ensevelissements des centaines de morts restés sur le champ de bataille. L'inhumation des cadavres français et allemands dura une dizaine de jours. Plus de 500 civils belges réquisitionnés dans les villages voisins participèrent à l'enlèvement des corps et à leur enterrement. Sur la route de Transinne, au "Courtil", on creusa des fosses pour 30 hommes. A cet endroit, plus de 2 000 morts furent enterrés ainsi qu'au "Baulet", à proximité de la route de Lesse. Durant la guerre, les autorités d'occupation allemande (Gouvernement général impérial de la Belgique du Général von Bissing) aménagea toutes ces nécropoles des combats d'août 1914.

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Des cérémonies d'inauguration s'y déroulèrent en présence de hautes personnalités militaires.

Maissin rassemble les corps français ou allemands dans trois grandes nécropoles :

  • le cimetière n° l sur la route de Transinne
  • les cimetières n° 2 et n° 3 sur la route de Lesse, où furent réinhumés les combattants des fosses alentours en tombes individuelles et en ossuaire.

Le calvaire breton du XVIème siècle, ramené de la commune du Trëhou, Finistère, se dressa dans l'enceinte du cimetière n° 2 pour commémorer le sacrifice des Bretons du IIe corps. Il fut inauguré en août 1932 à l'occasion du 18ème anniversaire de la bataille. Lors des travaux de réfection de ce cimetière, les restes mortels furent exhumés des petites nécropoles désaffectées les plus proches : 382 soldats allemands et 46 français provenant des cimetières de Maissin, d'Ochamps et d'Orgéo y furent ré-inhumés

Calvaire Le Tréhou Maissin

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L'Allemagne avait préparé son entrée en guerre. La France a été surprise par l'ampleur des forces militaires allemandes engagées lors des premières semaines du conflit. Face à un adversaire supérieur en nombre et mieux armé, les troupes françaises postées à la frontière ont rapidement reculé. L'armée belge a bien ralenti les troupes allemandes qui avaient rompu la neutralité du pays et les represailles furent dramatiques pour la population belge. En ce mois d'août et de septembre 1914, la stratégie de contournement par l'ouest des armées allemandes semblent en bonne voie. Les armées françaises et anglaises battent en retraite. Elles seront arrêtées "miraculeusement" sur la Marne. L'Allemagne a failli gagné une guerre éclair.

Pendant ces semaines de retraite vers le sud à marche forcée, trois soldats de Séné trouvèrent la mort :

Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT : 31/12/1893 - 30/08/1914 à Sains (Aisne)

Joseph Jean Marie LE MASSON : 12/01/1889 - 8/09/1914 Connantry (Marne)

Joseph Marie BOCHE : 14/08/1889 - 8/09/1914 La Fère Champenoise (Marne)

La carte ci-dessous permet de se rendre compte de la vélocité de la retraite et de localiser le lieux du decès de ces 3 soldats.

 RETRAITE carte

 

Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT : 31/12/1893 - 30/08/1914 à Sains (Aisne)

Pendant cette retraite, un soldat de Séné, Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT canonnier au 50° Régiment d'Artillerie de Campagne bat lui aussi en retraite dans l'Aisne. L'artillerie française est équipé de canon de 75 mn et de canon de 120. Pendant toute la durée du conflit l'artillerie déversera des milliers d'obus meurtriers qui creuseront des cratères lunaires dans les terres de Picardie et de Champagne.

Le Pautremat artillerie canon 120

L'historique du 50°RAC consultable sur Gallica, nous décrit le combats du 29 et 30 août 1914 à Sains-Richaumont au sud de Guise.

"Le 29 août les quatre groupes sont engagés autour de Sains. Ils coopèrent après un mouvement de retraite, à une contre-attaque du 1er Corps et de la 20° Division qui se heurte de nouveau à des forces supérieures. Il faut donc encore se replier. La 12° batterie (Capitaine Guyot-Sionnest) prenant position à l’est de Sains-Richaumont, subit le feu violent de l’artillerie ennemi, auquel elle répond coup pour coup malgré des pertes sévères. Elle abandonne la lutte que lorsqu’elle a reconnu l’impossibilité absolue d’être ravitaillée en munitions par l’échelon. M. le commandant Charpentier, malade, est évacué le même jour. Le capitaine Moinet prend la commandement provisoire du 4° groupe. Les pertes dans le combats de Sains-Richaumont on été de 2 officiers, 61 gradés ou canonnier. Après la bataille de Guise, dont le combat de Sains-Richaumont a été un épisode, la retraite des armées françaises continue. Le 3 septembre, le 5° ° RAC passe la Marne, le 5 deux de ses groupes cantonnent à Sézanne."

 

Le Pautremat artillerie canon 75 mm modèle 1897

Ainsi disparait Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT né le 31/12/1893 à Séné. Son père est alors cordonnier au bourg de Séné et sa mère est ménagère comme nous l'indique son extrait de naissance. A Séné, les paludiers, les cultivateurs ou les marins sont enracinés depuis de nombreuses générations. Le bourg accueille quant à lui des familles plus nomades que cela soit des commerçants, des douaniers, des employés.

Les LE PAUTREMAT ne resteront pas lontemps à Séné. En 1913, leur fils habite Paris XIV° rue du Maine quand il effectue sa concription comme nous l'indique sa fiche de matricule. Ses parents ont déménagé sur Vannes rue de l'Hôpital. Il incorpore le 50 ° régiment d'artillerie le 27/11/1913. Il est donc sous les drapeuax lorsque éclate la guerre et il rejoint rapidement le front.

Le Pautremat identité Le Pautremat Citation

Ange Pierre Marie est tué à l'ennemi le 30/08/1914 à Sains. Son corps sera porté à la nécropole nationale Le Sourd de Lemé dans l'Aisne où il repose tombe 312.

Le Pautremat a fait l'objet d'une citation :"très bon soldat dévoué et brave, tué à son poste de combat le 30/08/1914. Croix de guerrre avec Etoile de Bronze." Il n'avait pas encore 21 ans.

Avec des parents domiciliés à Vannes, une fiche de matricule donnant une adresse à Paris, son célibat, il aurait du être transcrit à Vannes comme d'ailleurs le précise sa fiche "Mémoire des Hommes".

Or ce n'est pas le cas car il n'est répertorié selon le site GenWeb qu'à la nécropole et à Séné.

C'est d'autant plus surprenant car à l'état civil de Séné, son acte de décès a été rédigé puis annulé en court d'écriture. Le monument au morts date de 1925, l'employé de mairie a-t-il été attentif? Le Pautremat s'est-il marié avec une Sinagote en 1913-14 ?

LE PAUTREMAT décès

Comme il ne figure sur aucun autre monument aux morts, Le Pautremat, même avec un nom gravé mal orthographié, a bien droit à être honoré à Séné. 

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Joseph Jean Marie LE MASSON : 12/01/1889 - 8/09/1914 Connantry (Marne)

Joseph Marie BOCHE : 14/08/1889 - 8/09/1914 La Fère Champenoise (Marne)

Ces deux soldats font parti du même régiment le 116° Régiment d'Infanterie dont les quartiers sont à Vannes.

LE MASSON caserne 116

L'historique du régiment nous retrace son parcours lors de sa retraite au départ de la ville frontalière belge de Bouillon :

"Le 23, dans la matinée, le régiment se reforme à Bouillon et bivouaque, le soir, dans les rues de la ville. L’appel fait ressortir les pertes sensibles éprouvées la veille ; 618 hommes tués, blessés ou disparus. Les capitaines Pelliet et Maillard ont été tués. Le capitaine Castella est porté disparu. Parmi les blessés, on cite le capitaine Datcharry, les lieutenants Vesque, de la Grandière, Sigala, les sous-lieutenants : Laurent, Bardot, Auffret, Goyat, Ropert.
A partir du 24 août, le mouvement de retraite s’accentue. Le régiment se porte sur Saint-Aignan, où il occupe des positions autour de la ville. Le 25 il bivouaque au nord de Chevenges et sur la route de Sedan, poussant en avant un bataillon qui arrive jusqu’à Iges. Ce bataillon, violemment attaqué, se replie après un dur combat et rejoint, le 26, le régiment.
Le 26, vers midi, le combat s’engage et se poursuit jusque vers 16 heures où l’ordre est donné de se replier. Ce mouvement est rendu très difficile par suite de l’encombrement des routes et ce n’est que le 27 que le régiment atteint Malmy, à quelques kilomètres au sud de Saint-Aignan. Vers 15 heures, le 116e, qui est en réserve, se met en marche vers le nord-est sur Chémery et Bulson. Un combat, soutenu, ce jour là, par les autres éléments de la D. I., se termine à notre avantage et on bivouaque sur les positions prises à 1 kilomètre de Bulson, après une explosion d’enthousiasme créée par ce succès.
Le 28, on reprend l’offensive et la situation reste longtemps indécise. Vers la ferme Saint-Quentin, les allemands gagnent du terrain et le régiment se replie vers les bois au sud-ouest de Chaumont. Il vient bivouaquer le soir dans les bois entre Bulson et Chéhéry.
Le 29, le mouvement de retraite reprend. On part avant le jour et on bivouaque, le soir, à Louvergny, après avoir traversé Chéhéry, Malmy, Vendresse.
Du 30 août au 7 septembre, la retraite continue par Rilly-aux-Oies, Attigny, Vaux, Champagne, Dricourt, Hauviné, Béthénneville, Moronvilliers, Prosnes, Mourmelon-le-Petit, Juvigny-sur-Marne, Saint-Pierre-aux-Oies, Soudron et Sommesous. Le 7 septembre, le régiment occupe la voie ferrée de Sommesous à Fère-Champenoise entre Normée et Lenharrée. Ce mouvement de repli ne s’est pas effectué sans quelques engagements qui ont occasionné des pertes assez sensibles.

Le 8, à 3 heures, le combat s’engage, après quelques heures d’une âpre lutte, le 116e se retire dans la direction de Montepreu et de Semoine. Dans la nuit, il organise ses positions qu’il occupe pendant la journée du 9 sous un violent bombardement.
Le 10, le régiment reçoit l’ordre de se porter en avant. Les allemands viennent de perdre la bataille de la Marne et se replient vers le nord. Du 10 au 13, la marche s’exécute par Sommesous, Ecury-sur-Coole, Châlons, Saint-Etienne-au-Temple, Suippes et Saint-Hilaire-le-Grand. Le 13, le 116e se heurte à l’ennemi à 1500 mètres au nord de Saint-Hilaire et bivouaque, le soir, à proximité du village.
Le 14, le régiment se porte vers le moulin de Chantereine et occupe, le 15 et le 16, des tranchées à proximité. Il reçoit, le 16 au soir, un renfort de 720 hommes.
Le 17, le 116e quitte ses emplacements et, à la suite d’étapes par Mourmelon-le-Grand et Rilly-la-Montagne, arrive, le 19, à Reims, où il cantonne sous les obus jusqu’au 22 septembre.

 LE MASSON Le Fere Connantray

De la ville frontalière belge de Bouillon le 23/08 à la commune champenoise de La Fère le 8/09, les troupes du 116°RI ont parcourrus 185 km sur les routes en 17 jours.

Joseph Jean Marie LE MASSON est né à Vannes dans une ferme à Beaupré non loin de Séné. sa mère, Anne Marie Hervio, est d'ailleurs native de Séné et son père est cultivateur.

LE MASSON Extrait

Au dénombrement de 1906, on note que sa mère élève une famille de 4 garçons épaulée avec une domestique de ferme et a regagné Séné dans le quartier de la Grenouillère.

LE MASSON 1906

En 1909, Le Masson accomplit sa conscription et délcare la profession de cultivateur. Son acte de décès indique qu'il vivait au Versa comme l'indique également le dénombrement de 1911.

LE MASSON 1911

Il incorpore le 116° RI de Vannes et rapidement envoyé au front où il est tué à lm'ennemi ce 8 septembre 1914. Son nom est gravé au monument aux morts de Séné et de Vannes.

 

 

 

Joseph Marie BOCHE est né à Séné le 14/08/1889 à la ferme de Ozon où ses parents sont cultivateurs.

BOCHE Joseph Extrait

Au dénombrement de 1906 on peut voir la composition de la famille nombreuse avec 6 garçons, 1 fille et un domestique de ferme. Elle est établie à Bilherbon non loin d'Ozon.

BOCHE Louis Joseph 1906

La fiche de matricule de Joseph marie BOCHE nous indique qu'ne 1909 au moment d'effectuer sa conscription il déclare une profession de boulanger et vit à Séné.

BOCHE Joseph identite

Cette fiche de matricule et la fiche "Mémoire des Hommes" nous indiquent qu'il est incorporé au sein du 116°RI et qu'il est mort le 8 septembre à La Fère Champenoise. 

BOCHE retraite marne

L'historique de ce régiment relate cette période :

"Du 30 août au 7 septembre, la retraite continue par Rilly-aux-Oies, Attigny, Vaux, Champagne, Dricourt, Hauviné, Béthénneville, Moronvilliers, Prosnes, Mourmelon-le-Petit, Juvigny-sur-Marne, Saint-Pierre-aux-Oies, Soudron et Sommesous. Le 7 septembre, le régiment occupe la voie ferrée de Sommesous à Fère-Champenoise entre Normée et Lenharrée. Ce mouvement de repli ne s’est pas effectué sans quelques engagements qui ont occasionné des pertes assez sensibles.

Le 8 septembre, à 3 heures, le combat s’engage, après quelques heures d’une âpre lutte, le 116e se retire dans la direction de Montepreu et de Semoine. Dans la nuit, il organise ses positions qu’il occupe pendant la journée du 9 sous un violent bombardement.

 

BOCHE La Fère voie ferrée

Joseph Marie BOCHE dècede à l'âge de 25 ans à La Fère Champenoise. Son décès sera retranscrit à Vannes où il figure sur le monument aux morts comme son frère Louis Marie tué lors de la bataille de la Somme le 20/07/1916.

 

 

Après plusieurs semaines de combats, poussant les armées françaises à la retraite, les forces allemandes ont pénétré profondement en territoire francais. Paris est menacé. Les généraux allemands font une série d'erreurs dans leur enthousiasme guerrier. L'armée française et la British Expedition Force du général French profitent d'une brêche ouverte entre les armées allemandes pour passer à la contre offensive avec le renfort de troupes stationnées à Paris du général Gallieni, amenées au front par les taxis parisiens. La bataille de la Marne débute. Les armées allemandes doivent à leur tour battre en retraite. La carte suivante (CRDP Strasbourg) résume bien l'avancée allemande puis son recul sur ce qui deviendra la ligne de front pour des combats de tranchées....

 

big marne 1914

 

Alors que prend fin la guerre de mouvement et que débute la guerre des tranchées, le soldat de Séné, Jean Marie LE TREHEDIC est "tué à l'ennemi" le 14/09/1914 à Saint Pierre lès Bitry à l'est de Soissons.

LE TREHUDIC Jean Marie est né le 8 janvier 1883 à Theix d'un père cantonnieret d'une mère ménagère comme nous l'indique son extrait de naissance. On y lit également qu'il s'est marié le 20/07/1909 au bourg de Theix avec Jeanne Louis Marguerite LE NORMAND.

 

LE TREHUDIC Extrait

Le jeune couple s'établit à Séné où il exerce la métier de canotnnier communal alors qu eson épouse est ménagère. 

LE TREHUDIC 1911 

L'historique de son régiment, le 316°RI, émanation du 116°RI de Vannes, nous relate ces journées du 13 et 14 septembre 1914.

"Enfin, à 19 h.30 le régiment se rend à Montigny-Lengrain, où il cantonne. Il en repart le 13 à 5 heures par Courtieux, Jaulzy, où il passe l'Aisne sur un pont de bateaux construit par le génie la nuit précédente. La marche continue par Bitry et Saint-Pierre-lès-Bitry, villages canonnés assez violemment par l'ennemi. Le régiment s'installe, à la nuit, au bivouac à l'Est de Saint-Pierre-lès-Bitry, dans un champ au Nord de la Fabrique d'Optique. Il en part le 14/09 à 6 heures, car la division a reçu l'ordre de se porter sur Noyon, avec le 265e à l'Avant-garde, le 316e en tête du Gros.

A peine l'avant-garde a-t-elle fait un kilomètre sur la chaussée Brunehaut (route de Vic-sur-Aisne à Noyon) qu'elle est soumise à un feu très violent d'infanterie et d'artillerie de tous calibres (77, 105,150) partant de la ferme du Tiolet et de la région de Nampcel ; le 265e se déploie sur le plateau et le 316e cherche à progresser par le ravin boisé au N. de Saint-Pierre-lès-Bitry ; quelques éléments parviennent à la lisière N. du bois, mais sans pouvoir faire tomber la résistance ennemie. A la nuit, le régiment est ramené à son bivouac de la veille, ayant eu une cinquantaine d'hommes hors de combat" parmi lesquel sans doute le soldat Le Tréhudic.

LE TREHUDIC Saint Pierre les Bitry

 

Sa mort sera officilisé par le tribunal de Vannes le 10 mai 1920. Son corps repose à la Nécropole nationale de Vic-sur-Aisne, Carré D, tombe 134.

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